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Je te mangerais: Toute la gamme des émotions

Il n’est pas toujours évident de sortir du cocon familial pour affronter la dureté de la vie et il n’est pas toujours aisé de savoir vers où l’on va et ce que l’on veut.

C’est ce qu’a voulu montrer Sophie Laloy dans son premier long-métrage, Je te mangerais.

«J’avais vraiment envie de parler de cette violence qu’on subit lorsqu’on sort de l’enfance et de l’environnement familial, explique la réalisatrice française. Et pourtant, on m’a souvent dit que ce n’était pas un sujet de premier film.» Malgré tout, elle prend le risque.

Le film raconte l’histoire de Marie (Judith Davis), qui quitte sa famille pour aller vivre à Lyon et y étudier le piano au conservatoire. Pour des raisons économiques, elle doit partager l’appartement d’Emma (Isild Le Besco), une amie d’enfance étudiante en médecine, qui y vit seule depuis la mort de son père et la disparition de sa mère. Marie se soumet aux règles de vie imposées par sa colocataire, toujours plus oppressante, toujours plus envahissante.

La musique comme fil conducteur
À la fois amies, amantes et ennemies, Marie et Emma verront leur affection réciproque se décomposer au rythme du Carnaval de Schumann ou encore de Pavane pour une infante défunte de Ravel, joués au piano. La musique tient une place particulière dans le long-métrage. Rien d’étonnant au vu de son parcours, dont elle s’est inspirée pour livrer dans Je te mangerais le point de vue de Marie. Avant de s’orienter vers le cinéma et le métier d’ingénieure du son, Sophie Laloy intègre le conservatoire de Lyon pour y entreprendre des études de musicologie.

«Pendant ma première année d’étude, j’ai vécu en colocation avec une amie d’enfance pour les mêmes raisons que celles de Marie», se souvient la réalisatrice. Mais très vite, la colocation l’oppresse. C’est avant tout cette oppression que Sophie Laloy a voulu mettre à l’écran à travers le personnage de Marie. «Les sentiments de Marie dans le film sont assez proches de ce que j’ai ressenti pendant ma colocation. À cet âge-là, on a pas mal de doute et l’on est très fragile», affirme-t-elle.

Désir féminin
Dans Je te mangerais, au titre évocateur, Sophie Laloy a eu également envie d’évoquer le désir féminin et l’homosexualité. Et elle aborde le sujet avec beaucoup de délicatesse, mais sans tabou ni allusion déplacée. «J’avais envie de faire un film sensuel», confie-t-elle. Filmer en plans rapprochés, ce long-métrage, plonge le spectateur dans l’intimité des colocataires.

«Je voulais vraiment qu’on sente la sensualité et qu’on soit dans un environnement charnel. J’avais envie de filmer la peau, les pieds, les mains, les cheveux», détaille la réalisatrice. Au-delà de l’homosexualité, c’est la relation entre les deux jeunes femmes que Sophie Laloy a mise en avant. «Les rapports de couple m’intéressent beaucoup, lance-t-elle. Ici, ni l’amour ni l’amitié ne sont assumés. Et celle qui souffre n’est finalement pas celle que l’on pense.»

Sophie Laloy a su jouer sur toute la gamme des émotions en mêlant musique, psychologie et homosexualité.

Je te mangerais
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