Culture

Gilles Carle est décédé

Le cinéaste Gilles Carle est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 80 ans alors qu’il était soigné au Centre hospitalier de Granby. Le premier ministre Jean Charest a annoncé la tenue de funérailles nationales et les hommages ont commencé à affluer.

C’est via Twitter que Valérie Duchesne-Carle, la fille de Gilles
Carle, a annoncé la nouvelle du décès de son père, survenu dans la nuit
de vendredi à samedi. Et même si ce n’est pas une surprise, l’annonce
de la mort du cinéaste reste un choc pour l’ensemble de la communauté
artistique. «Il n’y a pas eu d’acharnement, il est parti tout
doucement» a ainsi souligné Valérie Duchesne-Carle à Radio-Canada.

En entrevue à RDI (voir la vidéo du télé journal),
Chloé Sainte-Marie, sa compagne depuis 27 ans a indiqué qu’elle était
«toujours avec lui» et qu’elle allait passer la semaine à organiser les
obsèques nationales de Gilles Carle, qui «seront à son image». Elle a
aussi précisé: «ce sera une grande fête populaire, une occasion pour
tout le Québec de dire à quel point [le public] aimait Gilles Carle».
Rappelons que le cinéaste souffrait de la maladie de Parkinson depuis
plus de 15 ans.

L’annonce des funérailles nationales, confirmées par Chloé
Sainte-Marie, a été faite par Jean Charest. Le premier ministre a
d’ailleurs souligné: «Gilles Carle a été un des cinéastes les plus
marquants du Québec, un homme au talent immense connu et reconnu à
travers le monde», en offrant ses condoléances à la famille. Les
réactions et les hommages ne se sont d’ailleurs pas fait attendre et
ont été empreints d’émotion. C’est ainsi que Pierre Curzi a déclaré à
la Presse Canadienne:
«C’était un homme attachant, il était perspicace et d’une grande
intelligence. Même sa maladie aura enrichi le Québec d’une conscience
aigüe de ce que cela peut être que d’être prisonnier d’un corps qui
déraille». Donald Pilon a souligné que le décès de Gilles Carle était
«une grande perte». «C’est un pan de ma vie qui disparaît aujourd’hui»
a ajouté l’acteur, en entrevue au réseau LCN.

Michaëlle Jean a émis un communiqué, dans lequel elle a déclaré:
«Mon mari Jean-Daniel Lafond et moi avons appris avec tristesse le
décès de Gilles Carle. Gilles Carle, le cinéaste et l’ami de longue
date, dont les films témoignent de toute son ouverture d’esprit et de
coeur et rejoignent ainsi l’universel». La Gouverneure générale du
Canada a aussi salué Chloé Sainte-Marie, indiquant que ses pensées
allaient vers «sa compagne et sa complice qui l’a accompagné avec
amour, force, tendresse et un courage immense dans chacun des moments
de la maladie qui l’a emporté». «Elle nous aura aussi amenés, par ses
campagnes de sensibilisation et la maison de soins qu’elle a fondée au
nom de Gilles Carle (site officiel de la Maison Gilles-Carle),
à prendre conscience collectivement de la nécessité de mieux penser les
services à domicile et d’hébergement des malades en perte d’autonomie
dans le respect de leur dignité et de leur humanité».

Pour Pauline Marois, Gilles Carle «était un amoureux inconditionnel
du septième art. Toute sa vie, il l’aura consacrée au cinéma, à la
réalisation et la production». «Homme indépendant, il a toujours refusé
de se plier aux exigences et aux standards que l’industrie
cinématographique voulait lui imposer préférant créer en toute liberté.
Cela lui a d’ailleurs valu de nombreuses récompenses tout au long de sa
carrière et pour nous, Québécois, des chefs-d’Å“uvre tels que La vraie nature de Bernadette, Maria Chapdelaine, Fantastica,
qui avait ouvert le Festival de Cannes en 1980, et bien d’autres». La
Chef de l’opposition officielle a, elle aussi, tenu à rendre hommage à
Chloé Ste-Marie. «qui l’a épaulé tout au long de la maladie dont il
était atteint depuis 15 ans déjà. Cependant, il n’y a pas que ça, je
veux remercier Mme Ste-Marie qui, par son engagement auprès de Gilles
Carle, a contribué à l’avancement d’une cause moins bien connue mais
qui n’en demeure pas moins essentielle à notre société, soit celle des
aidants naturels».