Culture

Infoman 2018: sous le signe de la réserve

Infoman 2018
Infoman 2018 Photo: ICI Radio-Canada Télé / capture d'écran

Avant la diffusion d’un Bye bye 2018 sans remous, Jean-René Dufort avait une fois de plus le mandat de résumer l’actualité de l’année à sa sauce avec, comme d’habitude, l’habile réflexe de nous montrer à quel point la réalité est souvent tristement plus drôle que la parodie.

C’est devenu une tradition du temps des fêtes, Infoman vole la vedette au Bye bye lors des revues de fin d’année à Radio-Canada même si l’édition 2018 était peut-être un peu moins marquante que les autres.

Est-ce que l’année manquait de «bon jus» pour le vétéran de 19 saisons à la barre de son émission? Peut-être, mais j’aurais plus tendance à dire que l’émission souffrait d’un manque de budget pour cette édition. Sans toutefois être dans le secret des dieux, je spécule ici selon ce qu’on nous a présenté à l’écran.

Pourquoi? Infoman 2018 comptait moins de coups fumants à l’extérieur du Canada. Oui, Dufort est allé aux États-Unis et en Europe pour faire des rencontres, mais il y avait cette impression de contrainte de temps et d’argent dans ses trouvailles. Stormy Daniels a par contre fait un effet bœuf pour parler du début de l’année de Donald Trump et, surtout, elle a fait sortir Justin Trudeau de son immuable personnage vernis et propre.

«Tu me niaises?» ont été ses mots exacts lorsque Dufort lui a remis une copie dédicacée de la biographie de la vedette de films pornos. C’est, j’imagine, le plus proche d’un sacre que Trudeau peut se permettre à l’écran.

Juste pour ça on peut donner une belle main d’applaudissements à Dufort et, aussi, il faut apprécier cette complicité qu’il a avec nos politiciens même s’il les châtie à l’année longue. Avec des échanges taquins, les confidences sont plus franches. Parlez-en à François Legault qui en a peut-être trop dit sur les aptitudes de ses députés.

Oups!

Fabien Cloutier a fermé l’édition avec une chanson sur les gentils et les méchants, le choix de l’émission pour adresser le fameux «on n’a pu le droit de rien dire» revendiqué par une grande masse de gens en 2018. Ça n’avait pas la force du chien Ma graine de l’édition de 2017, mais revoir le comédien et dramaturge dans cette émission de fin d’année reste un plaisir avoué.

C’était, une fois de plus, une bonne édition d’Infoman de fin d’année, mais j’avais l’espoir de voir un peu plus de mordant après une année électorale, olympique et controversée sur la scène culturelle québécoise.

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