Culture

Moran: Mammifère et poète

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Quatre ans après avoir lancé son premier disque, Tabac, Moran donne à entendre son côté plus animal sur son deuxième album, Mammifères. «Je me suis aperçu qu’on se prend peut-être pour d’autres, mais qu’en fait on reste des bêtes», explique le chanteur. Cette réflexion teinte les 13 pièces de son album.

 Interrogé au téléphone, l’auteur, compositeur et interprète folk dit ne pas avoir ressenti la «pression du deuxième album», trop occupé à multiplier les tournées au Québec et en France et à s’occuper de son nouveau-né. «Je me suis retrouvé à un moment donné avec plusieurs chansons en banque et le goût de les enregistrer», confie-t-il tout simplement. C’est sous la gouverne du réalisateur Pierre-Philippe Côté (chanteur pour DJ Champion) et avec les musiciens Thomas Carbou et Sly Coulombe que Jean-François – c’est son prénom – a concocté Mam­mi­­fères.

Comme pour Tabac, les mots sont restés la matière première de Moran, mais pour ce deuxième opus, le côté musical et les mélodies ont été davantage peaufinés. C’est que lorsque le poète a fait paraître sa première offrande en 2006, il jouait de la guitare depuis seulement un an et demi. Il s’était laissé convaincre par des amis de jouer de cet instrument et de pousser la chansonnette, alors qu’auparavant il écrivait seulement pour les autres. «À la base, je suis un écrivain et même si je n’avais aucun talent, j’ai commencé à chanter et à jouer de la guitare, explique-t-il. Mes textes ne marchaient pas quand d’autres les chantaient!»

Harmonie vocale

Les mots de Moran ont par contre trouvé écho chez Catherine Major, qui interprète deux duos avec le chanteur, Aspirine et Los Angeles, et chez ses acolytes de studio. «Outre ces deux duos, il y a beaucoup d’autres voix que la mienne sur l’album, souligne-t-il. J’ai une voix grave et intense – même si je ne veux pas toujours! – alors ça me fait du bien qu’il y ait d’autres textures de voix sur le disque, comme celles du batteur Sly Coulombe, du guitariste Thomas Carbou et du réalisateur Pierre-Philippe Côté.»

Moran offre également trois chansons en anglais sur Mammifères. Cet artiste qui a grandi dans une famille bilingue trouve dans la langue de Sha­kes­peare une autre façon de s’exprimer. «Quand j’écris en anglais, ça ne donne pas le même genre de toune, note-t-il. L’anglais est plus lyrique, plus mélodique. Tandis que les plus belles chansons en français sont celles dont le texte est mis en évidence.»

Bête sauvage
Loin d’être un artiste connu du grand public, Moran a connu un beau succès critique après la sortie de son premier album. Mais avec Mammi­fères, le vent pourrait tourner, et le jeune artiste pourrait toucher un plus large public. Non pas que son CD soit pop, mais le jeune homme y présente un univers un peu moins intimiste que sur Tabac.

Cependant, même si Moran est aujourd’hui entouré d’une plus grosse équipe, sa façon d’écrire et de faire les choses n’a pas changé. Vous le verrez peut-être davantage dans les médias, mais jamais «dans une émission d’après-midi, en prestation entre une chronique famille et une recette d’omelette espagnole»! Promesse de mammifère!

Mammifères
En magasin demain
Pour plus d’information sur l’artiste, visitez le site de Moran.

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