Culture

Anick Lemay à TLMEP: «J’ai vraiment cru que j’allais mourir»

Anick Lemay à TLMEP: «J’ai vraiment cru que j’allais mourir»
Photo by: Karine Dufour/Radio-Canada

L’actrice Anick Lemay, atteinte d’un cancer du sein, est revenue dimanche soir à Tout le monde en parle (TLMEP) sur cette dure épreuve qu’elle traverse, un «Iron man sans préparation», qu’elle n’avait jamais vu venir, mais qui a profondément changé sa vie.

«J’ai vraiment cru que j’allais mourir. J’ai eu la mort en pleine face», a dit la principale intéressée en parlant de ses traitements. Au fil du temps et du processus médical, elle a souligné avoir «fait le ménage» dans plusieurs de ses relations. «Il n’y a plus de place. C’est tellement vertigineux que non, tu ne peux plus faire semblant. Et je ne le ferai plus jamais», a-t-elle illustré.

La vedette du show-biz québécois souhaite maintenant sensibiliser les gens à l’importance du choix des mots, quand il est question de cancer et de maladie, de manière générale. «De dire que c’est mon cancer, par exemple, tu as fait une faute», a-t-elle dit à l’animateur Guy A Lepage. «Ce n’est pas mon cancer, ça ne m’appartient pas, je n’en veux pas de ça», a-t-elle expliqué.

Anick Lemay ne se considère pas non plus comme une guerrière ou une battante, et préfère ne pas être désignée ainsi. «J’ai surtout l’impression d’avoir mangé une volée, et non d’avoir escaladé quoi que ce soit, de m’être battu. Je me suis fait planter solide», a-t-elle lancé.

D’après elle, il faut cesser de chercher les bons mots lorsqu’on côtoie les personnes malades ; il faut simplement être à l’écoute, et faire preuve d’empathie. «J’ai appris cette année qu’il y a une différence entre la compassion et l’empathie. La compassion, à peu près tout le monde en a, mais l’empathie est très rare. Il faut la développer, et se mettre vraiment dans les souliers de l’autre, sans ses propres émotions, ses propres peurs», a-t-elle considéré.

Témoigner, relater
Avec deux cancers différents au sein gauche et un autre dans le sein droit, l’actrice a dû passer à travers plusieurs opérations et devra en subir une autre prochainement. Sur le site d’Urbania, elle a raconté son expérience à travers plusieurs billets qui ont touché une bonne partie de la communauté de la santé.

«Les tests sont longs. C’est cinq semaines à porter ça, à savoir que c’est en train de te manger par en-dedans. Toi, tu veux y aller à l’opération, tu ne veux surtout pas t’éterniser. Tu veux juste te faire enlever tout ça.» -Anick Lemay

Appelée à réagir sur un mouvement qui réclame le droit pour les femmes d’assumer et de vivre avec une poitrine plate, l’actrice a dit voir d’un très bon oeil qu’on parle enfin de ces enjeux. «Je peux comprendre que ça peut être tabou dans notre société, mais là on parle de l’assumer. Je trouve ça formidable», a-t-elle poursuivi.

«Moi, je voulais avoir des seins à nouveau, c’était un choix», a-t-elle souligné. «Je vais les prendre plus petit que ce que j’avais, parce que bon j’ai le droit de choisir», a-t-elle ensuite lancé, provoquant les rires du public en studio.

À travers tous les traitements, Anick Lemay se considère surtout chanceuse d’avoir pu compter sur ses précieuses amies. «Elles ont crée une ruche sans mon consentement, elles se sont organisées pour déterminer qui allait dormir avec moi, qui allait être là. Donc j’avais toujours quelqu’un avec moi. Oui, j’ai eu des gars, mais le gros de la job, c’est des filles qui l’ont fait», a-t-elle ajouté.

Dimanche soir, après la diffusion de son entrevue, la comédienne a reçu une vague de témoignages de solidarité, d’amour, de soutien et d’admiration sur les réseaux sociaux.

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