Culture

Radio-Canada et Fabienne Larouche lèvent le voile sur Trauma

Commençons par la bonne nouvelle. Côté image, Trauma, la nouvelle série de Fabienne Larouche, n’a rien à envier aux grands crus hospitaliers que les Américains nous livrent depuis des années (Grey’s Anatomy, E.R.). Raffinée et hyper léchée, la réalisation de François Gingras (Fortier, Les sÅ“urs Elliot) sert bien les acteurs de la série, qui bénéficient de plusieurs plans fixes et rapprochés pour exprimer les émotions ressenties par leurs personnages.

La magnifique direction photo de Jérôme Sabourin participe aussi au succès de l’entreprise… esthétiquement parlant. De l’élégante terrasse à ciel ouvert aux salles d’opération blanches comme neige, en passant par les chics corridors ornés d’imposantes toiles de style contemporain, l’hôpital dans lequel évoluent les héros de Trauma ressemble parfois à un club branché du boulevard Saint-Laurent.

Mais à en juger par les deux épisodes qui ont été présentés hier aux médias, ce qui se passe à l’intérieur de l’établissement n’a rien de bien divertissant. Avec Trauma, Fabienne Larouche s’aventure dans l’univers de la médecine des accidents, chaque épisode s’articulant autour d’un cas dramatique. Dans la première heure, on a droit à rien de moins qu’une course folle sur
l’autoroute combinée à une forte absorption de DHEA, une hormone stéroïdienne réputée pour ses effets antivieillissement. Explosif dans la vie (les victimes ne s’en sortiront pas toutes indemnes), ce mélange ne crée toutefois pas le même effet à l’écran.

La confusion quant au rôle joué par chacun des – trop nombreux – personnages n’arrange pas les choses. On comprend qu’Isabel Richer est la chef intransigeante du département de traumatologie et que Gilbert Sicotte est un psychiatre qui enseigne les rudiments du métier à un groupe de jeunes résidents dont fait partie Laurence LebÅ“uf, mais pour le reste, on repassera. On ne se gêne pas pour nous montrer – de très près – qu’ils savent faire de belles incisions au scalpel, mais à force de trop vouloir se concentrer sur les aspects techniques de leur profession, on escamote ce qui serait susceptible de nous les rendre vraiment attachants : leur caractère.

Pire encore, on semble prendre un malin plaisir à leur faire dire des répliques toutes cuites et inutilement théâtrales comme «Être un médecin, c’est vivre dans le doute, mais avec confiance» et «S’il y a un endroit dans le monde où les absents n’ont jamais tort, c’est dans une salle d’opération.» En fait, le personnage le plus intéressant du lot est le seul qui semble avoir une vie à l’extérieur des murs de l’hôpital. Campé par James Hyndman, le chirurgien Pierre Meilleur prend un coup, irrite ses collègues de travail avec ses remarques arrogantes et ne connaît pas la diplomatie, mais surtout, il met de la vie dans une série qui traite de la mort. Et c’est pour cette raison qu’on donnera une seconde chance à Trauma lorsqu’elle prendra l’antenne à Radio-Canada le 5 janvier à 21 h.

Ariane Moffatt à la musique
C’est Ariane Moffatt qui assure les voix des chansons qu’on entend dans Trauma. Dans le premier épisode, la chanteuse interprète Hallelujah de Leonard Cohen. Les téléspectateurs pourront apprécier les envolées vocales de Moffatt sur une douzaine de titres au cours de la série, dont Everybody Hurts de R.E.M. Le groupe a d’ailleurs exigé d’écouter la version de la chanteuse avant de donner à Larouche et à sa bande la permission d’utiliser sa célèbre ballade.

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