Soirée intime au Centre Bell avec Peter Gabriel
Après s’être arrêté à Paris, à Berlin et à Londres, c’est à Montréal que Peter Gabriel a présenté hier la première représentation de son New Blood Tour en terre américaine.
Dès les premières notes entonnées par le légendaire musicien, force est d’admettre que malgré son récent passage à la soixantaine, l’homme n’a rien perdu de son charisme sur scène, ni de sa voix puissante et modulée. Peter Gabriel a ainsi poussé la note avec justesse, pratiquement sans aucun raté, pendant les deux heures et demie qu’a duré le spectacle.
La première partie de la soirée a été consacrée exclusivement au récent album de reprises Scratch my Back. Peter Gabriel, son New Blood Orchestra et ses deux excellentes choristes (dont sa fille Melanie) ont interprété, dans l’ordre et du début à la fin, toutes les pièces composant le disque. Le caractère très personnel des arrangements de ces chansons a créé au Centre Bell une atmosphère de salle intimiste. Sans batterie ni guitare, mais avec tout un orchestre de 54 musiciens derrière lui, le chanteur a repris sans aucune pause l’intégralité de Scratch my Back, enveloppant la salle dans une ambiance feutrée et paisible.
Chanter avec un orchestre ne permet pas le même genre de mise en scène que d’être sur scène avec trois ou quatre musiciens. Ainsi, la mise en scène de ce New Blood Tour avait nettement moins de relief que ce à quoi Gabriel nous avait habitués, notamment dans ses derniers spectacles signés Robert Lepage.
Néanmoins, l’artiste a réussi à tirer partie de cette contrainte et a misé sur la musique, simplement accompagnée visuellement de projections plutôt esthétiques. Ainsi, pendant sa splendide version de My Body is a Cage, on avait par moment envie de fermer les yeux simplement pour savourer la pièce à son plein potentiel.
Deux spectacles en un
Était-ce parce que la victoire du Canadien venait d’être annoncée? Parce que les fans de la première heure se retrouvaient en terrain connu? Parce que Peter Gabriel s’est permis des arrangements plus rythmés pour ses propres chansons? Toujours est-il que l’ambiance s’est métamorphosée durant la seconde partie du spectacle, où le chanteur a revisité, toujours avec son orchestre, des pièces classiques de son répertoire. Le public n’étant désormais plus distrait par le pointage de la partie de hockey, il lui a consacré toute son attention et des «We love you, Peter!» fusaient de toute part.
L’orchestre donnait un nouveau souffle aux pièces bien connues du musicien, comme Digging in the Dirt ou Solsbury Hill, cette dernière ayant valu une véritable ovation à Gabriel. En somme, celui-ci a une fois de plus su montrer qu’il est toujours au sommet de son art, en plus d’exprimer à nouveau son amour pour Montréal. «C’est toujours incroyable ici. Merci!» a-t-il lancé, ému, à la fin de son spectacle. En français, comme toutes les fois qu’il s’est adressé au public durant la soirée. Merci à vous, M. Gabriel.