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Nikki Yanofsky: Scat et skinny jeans

Marc-André Lemieux - Métro

À la tombée du rideau, on pouvait entendre plusieurs commentaires du genre : «Elle est née en quelle année, déjà?» Les remarques dubitatives de ce type doivent être légion au sortir des concerts de Nikki Yanof­sky, car à 16 ans (oui, oui, 16 ans), la jeune Canadienne a atteint  une maturité vocale qui doit faire l’envie des chanteuses ayant deux, trois, voire quatre fois son âge.

C’est du moins ce qu’on retient de son passage au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts hier soir. Portant des skinny jeans, un top à paillettes et une bonne vieille paire de souliers Converse, la petite brunette en a ravi plus d’un grâce à une voix juste et pétillante qu’elle maîtrise tant dans les envolées à l’emporte-pièce que dans les trémolos tout en douceur. On ne compte pas les «ho!» et les «ha!» d’admiration que son frénétique scat a provoqués en début de spectacle.

Nikki Yanofsky a beau avoir cinq années d’expérience au Festival de jazz de Montréal, comment une adolescente peut-elle être passée maître dans l’art des «vo-de-o-do» et des «boop-boop-a-doo» bien sentis? À vrai dire, ce n’est que lors de ses allocutions au micro entre les morceaux qu’on réalisait qu’on avait bel et bien affaire à une gamine de 16 ans.

Outre quelques présentations plaquées dont on ne lui tiendra pas rigueur («Quand on me demande si j’ai un chum, je réponds que mon chum, c’est la musi­que, et que le jazz est mon premier amour», a-t-elle dit au cours de la soirée), c’est par son air angélique et sa manière candide de parler que Nikki Yanofsky nous rappelait qu’elle n’a pas encore l’âge de la majorité (son pied de micro orné de brillants agissait aussi à titre d’aide-mémoire).

Mais quand la musique se mettait à résonner dans les haut-parleurs, on n’y voyait que du feu. Accompagnée de huit musiciens (dont une section de cuivres), Nikki Yanofsky a interprété plusieurs des titres de son premier opus, paru en avril. Parmi les plus beaux moments, citons le classique Over the Rainbow (sublime, accompagné d’un seul piano), Cool my Heels (un groove pas piqué des vers) et la joyeuse On the Sunny Side of the Street.

On ne peut passer sous silence sa touchante reprise de The Heart of the Matter, une ballade des Eagles. Et même si on se doutait qu’en raison de son jeune âge, elle n’avait probablement pas encore connu les tortures du cÅ“ur exprimées dans la pièce, on y croyait quand même, grâce au brio de son interprétation. Au rappel, I Believe, la chanson-thème des J.O. de Vancouver, a aussi été accueillie chaleureusement.

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