Culture

Killing Eve: le jeu du chat et de la souris reprend

Killing Eve: le jeu du chat et de la souris reprend
Photo: BBC America

La série d’humour noir Killing Eve, de retour pour une deuxième saison, s’amuse encore à jouer avec les émotions des téléspectateurs.

La populaire émission promet encore un jeu imprévisible du chat et de la souris entre Villanelle, une meurtrière aussi brillante que tordue, et l’agente américaine du service de renseignement britannique MI6 à ses trousses, Eve Polastri.

La relation complexe entre les deux têtes d’affiche jouées avec complicité par Jodie Comer et Sandra Oh a captivé bien des spectateurs l’an dernier. Et le Golden Globe remporté par Sandra Oh est un gage de qualité pour la série. «Eve était assurément une femme blanche [dans les livres Codename Villanelle, de Luke Jennings], lance la comédienne. Je me considère comme chanceuse d’avoir été à un point dans ma carrière où on m’a offert ce scénario. Quand je l’ai lu, je me suis demandé quel personnage j’étais censée jouer.»

L’actrice canadienne d’origine coréenne s’est elle-même étonnée de l’offre, puisqu’à ce point-ci de sa carrière, elle ne se voyait pas dans un rôle principal.

«J’ai eu honte de ne pas avoir cru que ce pourrait être le cas, se rappelle celle qui a interprété la Dre Cristina Yang dans Grey’s Anatomy pendant neuf ans. Je parlais avec mon agent en lisant le scénario et je lui ai dit : “Je ne comprends pas, qui est-ce que je joue?” Il m’a répondu : “Eve, tu joues Eve!”»

Selon Fiona Shaw, qui incarne Carolyn Martens, la patronne d’Eve dans la division MI6, le casting de Sandra Oh a permis de briser la dynamique des thrillers et des suspenses produits au Royaume-Uni.

«Il y a quelque chose d’intéressant quand une bonne action en génère d’autres, explique-t-elle. Le rôle de Sandra dans Killing Eve a permis de sortir de l’histoire typique d’espionnage britannique qui s’intéresse aux classes sociales, parce que tout à coup, nous avions une voix américaine.» Un changement qui a brisé le moule aux yeux de l’actrice irlandaise. «C’était rafraîchissant pour tout le monde, ajoute-t-elle. [Le téléspectateur] n’a plus à réfléchir interminablement pour savoir qui regarde qui de haut.»

Les scènes écrites pour Villanelle et la performance magnétique de Jodie Comer permettent pour leur part aux spectateurs d’entrer dans la psyché d’une psychopathe déchaînée. Une fois qu’ils apprennent à la connaître, les gens ne savent toutefois plus s’ils doivent prendre pour Eve ou pour Villanelle.

Cette dernière use de son esprit fin pour attirer ses futures victimes dans son piège, puis ne fait preuve d’absolument aucun remords.

«Ce que j’adore avec les moments comiques, c’est qu’ils amènent le public à se sentir en sécurité et dès que le confort s’installe, snap [claquement de doigts]», s’exclame l’actrice de Liverpool qui raffole de ces éléments de surprise, précisant que sa Villanelle est conçue pour être flamboyante, pleine d’esprit et charismatique.

Décortiquer l’esprit d’une tueuse en série sympathique a également amusé la productrice exécutive de Killing Eve, Sally Woodward Gentle.

«Je crois que Villanelle se trouve hilarante. Elle est sa fan numéro un, plaisante la productrice. Quand moi, Phoebe [Waller-Bridge, la créatrice de la série] et l’équipe de scénaristes discutons du personnage, nous essayons de nous mettre dans son état d’esprit : comment est-ce qu’on agirait si on se réveillait sans peur et sans égard aux conséquences de nos actions?»

Selon Sally Woodward Gentle, cet exercice est extrêmement libérateur. «On adore jouer avec ce sentiment, mais aussi être morbides et très vilains.» (Rires)