Culture

Le devoir de défendre un héritage

Le devoir de défendre un héritage
Le roi lion prend l'affiche demain

Disney renoue 25 ans plus tard, avec un de ses films les plus populaires, Le roi lion, dans une version en prises de vue réelles. Métro s’est entretenu avec le réalisateur Jon Favreau (Iron Man, Le Livre de la jungle) responsable de moderniser ce classique.

Quel est le niveau de responsabilité qui accompagne le rôle de réalisateur du nouveau Roi Lion?

C’est immense parce que les gens adorent ce classique. Plusieurs d’entre eux ont aussi vu la version théâtrale sur Broadway, qui est tout aussi réussie. Mon travail était de défendre l’héritage de cette production. Nous avons fait quelques modifications pour la renouveler et y ajouter une touche originale.

Quel est votre rapport au film?

J’ai vu l’original alors que j’étais déjà adulte, puis je l’ai revu avec mes enfants quand ils étaient assez grands. Vous savez, je terminais Le livre de la jungle il n’y a pas si longtemps et j’étais ébloui par la qualité de la musique et de la technologie. J’ai beaucoup appris en réalisant ce film et je me suis dit que ce serait un mariage parfait. L’histoire demeure pertinente et la musique est incroyable. J’étais curieux de voir comment la technologie allait s’intégrer dans la vie de ces personnages.

Le film est si réaliste qu’on dirait presque un documentaire…

Nous avons travaillé avec de nouvelles techniques. La plupart étaient liées à la réalité virtuelle. C’est un procédé qui est devenu accessible ces dernières années. Nous avons créé de nouveaux logiciels pour être en mesure de réaliser certaines prises de vue. Nous avions une équipe entière qui se consacrait à ça.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la technologie utilisée?

Essentiellement, nous avons créé un jeu de réalité virtuelle. C’était en quelque sorte un jeu vidéo multijoueur où toute l’équipe portait un casque de réalité virtuelle et entrait sur le plateau. On avait ce système de jeu dans lequel nous devions entrer des codes pour le programmer en fonction des outils dont on avait besoin. C’est comme si on réalisait un film animé, sauf que nous pouvions rentrer dedans. Nous pouvions regarder les lions se promener et interagir. Enfin, on filmait le tout comme si on filmait
de vrais lions.

La première version du classique de Disney est sortie en 1994, soit il y a 25 ans

C’était comment, travailler sans les acteurs?

En fait, on travaillait avec eux, mais séparément. Dans un film en prises de vue réelles, on consulte les acteurs, les techniciens et les contremaîtres. Dans ce cas-ci, je travaillais seulement avec les acteurs pour faire l’enregistrement des voix, puis je retrouvais l’équipe de tournage. Je travaillais aussi seul avec les musiciens. Je séparais tout, mais j’ai quand même pu travailler avec tout le monde.

Quel a été le plus grand défi?

L’original a été tellement populaire et si peu vieilli que nous devions nous assurer de créer quelque chose qui soit à la hauteur des attentes. 

Les différences entre le nouveau et le vieux film sont-elles nombreuses?

Nous avons tenté de respecter le plus possible la trame narrative. L’histoire n’avait pas besoin d’être réinventée. Nous devions trouver des façons de différencier les deux versions tout en gardant le récit intact. Ça a été possible grâce à la distribution et aux technologies. Il y a de nouvelles scènes et les dialogues sont différents, mais en le regardant, vous devriez être en mesure de retrouver l’ancien film dans le nouveau.