Culture

Invader Zim : la résurrection-surprise de Netflix

Invader Zim : la résurrection-surprise de Netflix

Depuis quelques années, Netflix a compris la force de la spécification de son contenu en investissant dans des marchés locaux, comme au Québec par exemple, et en ouvrant son catalogue à plusieurs petites niches afin de satisfaire un auditoire en constante croissance.

Il y a aussi, comme partout ailleurs, le fort attrait de la nostalgie qui résonne chez les utilisateurs de Netflix. Afin de combiner les deux, le géant de la diffusion n’hésite pas à faire revivre de vieux projets avec de nouveaux épisodes. Le tout a d’abord été fait avec des séries très populaires,  comme Gilmore Girls et Full House. Mais de plus en plus, Netflix se mouille le gros orteil avec des projets plus marginaux et des petits phénomènes cultes.

Invader Zim
Invader Zim

Invader Zim : Enter the Florpus s’inscrit dans cette catégorie comme une suite à la série animée de la chaîne Nickelodeon évincée des ondes en 2002 après une courte vie de 27 épisodes. D’ailleurs, le projet émane à la base de la chaîne il y a environ deux ans et Netflix a sauvé la mise quand Nickelodeon a tabletté ce retour de la création de l’illustrateur et auteur Jhonen Vasquez.

Cette deuxième vie d’Invader Zim fera donc plaisir aux fans de la première heure qui ont maintenu le culte toutes ces années, j’en suis, en plus de peut-être ouvrir la porte à plus d’épisodes ou, on peut rêver, le retour de l’intégrale de la série d’origine sur Netflix.

La beauté avec Invader Zim et Rocko’s Modern Life, une autre série animée ramenée avec un film sur Netflix, c’est qu’on vient interpeller les adultes familiers avec les séries et les jeunes abonnés qui pourront découvrir une production résolument différente au hasard en surfant sur l’algorithme.

Parce qu’il faut le dire, Invader Zim ne ressemble à rien d’autre. On parle ici d’une série animée nihiliste, anti-capitaliste, drôle et terrifiante avec un humour noir et acide qui fera friser les oreilles de certains parents. On n’ose plus vraiment aller dans ces zones avec les productions pour enfants même si, avouons-le, Zim n’est pas réellement destiné aux enfants. On joue plutôt avec les codes de la série animée pour plaire à un auditoire adulte et aguerri qui sera heureux d’être surpris par les tournures de la prémisse.

Mais les enfants seront curieux, parce que oui, les enfants sont curieux et tombent sans cesse sur des choses qui attirent leur attention sans forcément être en mesure de bien les comprendre.

J’ai dévoré ce film d’Invader Zim et j’aurais préféré une série retour de quelques épisodes afin de bien savourer ces retrouvailles avec des personnages que j’ai tant aimé lorsque j’étais au Cegep. Si vous ne connaissez pas l’univers déjanté de Jhonen Vasquez, il s’agit d’une belle porte d’entrée avant de plonger tête première dans son œuvre phare : la bande dessinée Johnny the Homicidal Maniac parue pour la première fois en 1995.

Cette direction de Netflix d’élargir ses horizons nous donne de plus en plus de belles surprises et tout le monde y trouve son compte. C’est la force du nombre et je peux comprendre le vertige des créateurs d’ici qui ne peuvent pas se battre à armes égales … même si dans le fond nous n’en demandons pas tant. Il y a de la place pour tout le monde, tant qu’on ne tombe pas dans les productions paresseuses et convenues.

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