Culture

20 ans de Mutek: l’exemple à suivre

20 ans de Mutek: l’exemple à suivre
Photo: Trung Dung Nguyen/Collaboration spécialeMutek en 2018

Le festival de musique électronique et de création numérique Mutek célèbre cette année son 20e anniversaire. En deux décennies, Mutek a su rester fidèle à ce qui fait de lui une référence: la mise en lumière des créateurs, qu’ils soient émergents ou établis, hommes ou femmes. 

«Mutek est un festival issu de la culture numérique. En 2000, cette nouvelle discipline méritait amplement d’avoir un événement qui lui était consacré.»

Depuis 20 ans, Alain Mongeau, fondateur et directeur artistique du festival, fait perdurer l’esprit innovant des débuts de Mutek. «Pendant cinq ou six jours, on présente des artistes en action, toujours dans un contexte de performance en direct. Les gens pensent souvent aux DJ et aux fêtes quand on parle de musique électronique, mais nous voulons vraiment nous intéresser aux créateurs avant tout. La formule du premier festival demeure la même aujourd’hui.»

Bien qu’il soit devenu un véritable pilier de la scène internationale, Mutek – décliné aujourd’hui dans six autres villes – est resté proche de la communauté créative montréalaise et continue de tisser avec elle ce lien indéfectible.

«Nous nous sommes toujours donné comme mandat de présenter au moins 50 % de contenu local», insiste Alain Mongeau. Le festival agit ainsi en véritable tremplin pour certains, qui, avec le temps et le succès, deviennent à leur tour «ambassadeurs du festival un peu partout dans le monde», poursuit son fondateur. Les artistes Akufen et Guillaume Coutu-Dumont font partie de cette première vague de musiciens qui ont vu leur carrière internationale décoller après leur passage à Mutek.

«Mutek, c’est un peu chez moi!»: Guillaume Coutu-Dumont est reconnaissant envers le festival qui l’a accueilli près d’une douzaine de fois à Montréal.

«C’est certain que Mutek a joué un rôle très important pour moi. J’ai pu y rencontrer beaucoup de personnes influentes, mais aussi m’ouvrir à d’autres styles de musique que je connaissais moins», se souvient-il. Cette année, l’artiste, qui s’est expatrié quelque temps à Paris et à Berlin, revient pour dévoiler dimanche en première mondiale son nouveau projet, Auflassen.

«Venir présenter ce spectacle ici et fêter les 20 ans du festival, c’est un beau retour», affirme celui qui avoue volontiers être «fier du travail accompli par Mutek» pendant toutes ces années.

Une belle place aux femmes

Si Mutek peut effectivement se targuer de faire la part belle aux artistes locaux, le festival met aussi tout en œuvre pour que les femmes soient mieux représentées pendant l’événement.

«Nous sommes conscientisés depuis plusieurs années au problème du manque de femmes dans le milieu. Une réflexion s’est faite petit à petit au sein de notre équipe et, depuis deux ans, nous multiplions les initiatives pour corriger ça», explique Alain Mongeau.

L’an dernier, la parité hommes-femmes avait pour la première fois été atteinte, et pour cette 20e édition le taux d’artistes féminines est de 48 %.

«Les femmes sont bienvenues, recherchées et encouragées à être présentes», assure M. Mongeau Pour marquer cette ambition, Mutek est même devenu partenaire du mouvement Amplify, un réseau qui rapproche les femmes des arts numériques.

Ce week-end, Gene Tellem performera pour la deuxième fois au festival. Productrice et DJ montréalaise, elle salue le travail d’avant-plan de Patti Schmidt, une des programmatrices de Mutek.

«C’est primordial qu’il y ait une femme à la programmation, et ça vaut pour n’importe quel événement. Je pense que les femmes doivent être impliquées à tous les niveaux d’un festival, et pas seulement les artistes.»

«Mutek a toujours été un précurseur de la musique électronique et c’est une belle plateforme pour démocratiser cette musique», reconnaît Gene Tellem, qui voit sa présence au festival comme un véritable «honneur».

Oscillant entre programmation exigeante, expérimentale et grand public, le festival propose un spectre d’œuvres assez large. «Avec Hexadome au MAC, trois soirées au MTelus et la scène gratuite située à la Place des Arts, on espère initier le plus de personnes possible !» convient Alain Mongeau, qui promet de «ne pas s’asseoir sur [nos] lauriers» pour l’avenir de Mutek.


  • Gene Tellem, le samedi 24 août à la soirée Nocturne 5, au MTelus à partir de 22 h
  • Auflassen, le dimanche 25 août à la soirée Nocturne 6, au Studio des 7 Doigts à partir de 21 h