Culture

Black Keys: «On s’est juste remis au boulot»

Black Keys: «On s’est juste remis au boulot»
Photo: Jason Merritt/Getty Images

Dan Auerbach et Patrick Carney, duo derrière The Black Keys, sont un peu comme vos amis qui partent pour de longues vacances relaxantes, mais qui continuent à penser au travail alors qu’ils sont au bord de la piscine.

Bien qu’ils soient un band de rock capable de remplir les stades, les Black Keys se sont permis de prendre une «pause» de cinq ans avant la sortie, l’année dernière, de leur album Let’s Rock. Une période pendant laquelle les deux musiciens ne se sont pas beaucoup reposés finalement. 

«Pat m’a fait remarquer qu’à nous deux, on avait produit quelque chose comme 60 albums ces 5 ou 6 dernières années», s’amuse Dan Auerbach, le chanteur et guitariste du groupe. «Je ne m’en étais pas rendu compte jusqu’à ce qu’il me le dise. C’est pas comme si on s’était ennuyés. Mais on avait vraiment besoin de faire une pause.» 

Alors que ces dernières années, les fans des Blacks Keys ont dû se passer du groupe pour faire vibrer leurs enceintes, Dan et Patrick n’ont jamais été aussi prolifiques. À la production pour des artistes comme Cage The Elephant ou Michelle Branch, ils ont aussi participé à de nombreux projets d’enregistrement et ont agi en tant que paroliers. 

Avec leur précédent album Turn Blue en 2015, le groupe a atteint des sommets que les fans de la première heure n’auraient pas pu imaginer avec les débuts lo-fi du duo.

Pourtant, il y a eu une progression logique depuis l’époque où ils ont commencé à travailler avec le producteur Danger Mouse pour leur album Attack and Release en 2008. Depuis, ils sont passés du statut de petit groupe chéri des fans d’indie à celui de groupe de rock puissant reconnaissable par ces riffs de blues très marqués et son esprit psychédélique. De plus, les Black Keys font encore partie de ces rares groupes de rock à donner autant d’importance à la guitare dans leur travail.

Mais la pause qu’ils ont prise n’a pas épuisé leur créativité. Comme Dan l’explique, le seul obstacle à la réalisation de Let’s Rock était de prendre le temps de se réunir avec Pat et de le faire. Le titre peut ainsi se lire comme une envie commune exprimée à l’unisson par les deux musiciens de travailler de nouveau ensemble: «Let’s rock!». 

«Ça s’est fait assez simplement. Avec Pat, on s’est réunis et on a commencé à enregistrer. On n’en a pas vraiment discuté, on s’est juste mis au travail. C’était comme si, moins on en parlait, mieux c’était», dit Dan. 

«On est toujours à la recherche de nouveauté dans notre musique. On ne veut pas refaire quelque chose qu’on a déjà fait.»

Dan Auerbach, chanteur et guitariste des Black Keys

L’album qui en a résulté se trouve à mi-chemin entre les guitares trempées dans l’acide de Turn Blue et la puissance brute d’albums comme Brothers ou El Camino. Avec 12 chansons de plus à son arsenal, le duo est de retour sur scène dans le cadre d’une tournée nord-américaine qui se terminera fin novembre.

«Le truc, c’est qu’on ne peut pas se contenter de sortir un album», explique Dan. «On doit faire un album et ensuite dédier au moins deux ans de nos vies à faire des tournées et de la promotion. On avait arrêté les tournées parce que ce n’était plus sain pour nous. Là, il fallait s’engager à faire ça de nouveau. Et c’est là qu’on est aujourd’hui.»

C’est toujours admirable de voir un groupe qui arrive à maintenir une large base de fans et qui n’hésite pas pour autant à prendre des risques d’un point de vue artistique. Les Black Keys le comprennent bien et sont reconnaissants envers leurs fans.

«Je pense que, si on refaisait le même album encore et encore, on aurait arrêté depuis longtemps, dit-il. J’espère que les gens apprécient nos expérimentations. Au final, je ne pense à rien d’autre qu’à la musique quand on enregistre un album. C’est la seule chose à laquelle je pense.»