Culture
12:12 11 septembre 2020 | mise à jour le: 11 septembre 2020 à 13:14 Temps de lecture: 5 minutes

7e Ciel: on craque pour «Zebrina», «Je suis mixte» et MUTEK

7e Ciel: on craque pour «Zebrina», «Je suis mixte» et MUTEK
Photo: Yves Renaud/TNMZebrina, du 9 au 27 septembre 2020 au Théâtre du Nouveau Monde

Les journalistes de Métro vous présentent leurs sept coups de cœur culturels de la semaine, dont les pièces Zebrina. Une pièce à conviction, Je suis mixte et l’exposition virtuelle de Mutek.

Zebrina. Une pièce à conviction

Dans une petite bibliothèque perdue de Hollande, un guide de voyage vient d’être rendu… avec 133 ans de retard. Avec Zebrina, Emmanuel Schwartz grimé en vieux bibliothécaire tatillon se lance dans une quête existentielle sous forme d’un monologue passionnant, qui le mènera aux quatre coins du monde pour retrouver ce mystérieux contrevenant et lui infliger «l’amende de sa vie». Avec cette œuvre mystique du dramaturge Glen Berger, mis en scène par François Girard, le TNM ne pouvait trouver mieux comme pièce pour sa rentrée automnale, celle-ci prenant place dans «un théâtre fermé depuis un certain temps» qui reprend vie le temps d’un soir. Et ça fait du bien.
Zebrina, du 9 au 27 septembre 2020 au Théâtre du Nouveau Monde, en salle et en webdiffusion
Martin Nolibé

Je suis mixte

Cette pièce réfléchie et désopilante est tout indiquée pour renouer avec les planches. Dans cette création de Mathieu Quesnel, on fait la connaissance de François (Benoit Mauffette), un père de famille de Drummondville qui vit une crise existentielle lors d’un voyage d’affaires en Allemagne. Dans une mise en abyme réussie, il raconte son périple en compagnie de son oncle (Yves Jacques, extraordinaire) et d’un musicien (Navet Confit). Si on s’émeut du tiraillement de cet homme, on se tord de rire du début à la fin grâce à la chimie entre les acteurs et l’audace de la mise en scène.
À La Licorne jusqu’au 26 septembre
Marie-Lise Rousseau

Distant Arcades de Mutek

Que les amateurs de musique électronique et de créations numériques se réjouissent : cette semaine est marquée par le festival montréalais avant-gardiste, version hybride. Au-delà d’une belle programmation locale pour les spectacles en public, on a beaucoup aimé Distant Arcades. L’expo virtuelle réunit 26 œuvres numériques, allant du court métrage expérimental à de la réalité virtuelle. Après des mois passés à communiquer par écrans interposés, c’est très intéressant d’être questionnés sur notre rapport aux nouvelles technologies. Merci Mutek!
Jusqu’au 20 septembre au montreal.mutek.org
Amélie Revert

 

Lubalin

Artiste autodidacte présent de l’écriture à l’enregistrement, le montréalais Lubalin vient de dévoiler sous l’étiquette de Cult Nation un premier EP qui, avouons-le, nous a transcendés. Six titres à ranger dans la catégorie emo rap où l’artiste nous dévoile le résultat de ses expérimentations sonores autant sur sa voix que sur ses sonorités. On se délecte de ce savant mélange entre un flow hip-hop et des mélodies mélancoliques qui nous bercent autant qu’elles nous écorchent. Un premier pas prometteur dans l’univers de Lubalin que l’on surveillera de près.
Offert sur les plateformes en ligne
Martin Nolibé

Liyon

Projet du DJ montréalais JD Leblanc, Liyon a sorti son premier EP ces derniers jours. On y découvre au fil des cinq titres qui le compose une synth pop moderne qui renoue avec le son électro des années 1980 et 1990, une inspiration dont l’artiste se revendique. Des titres aux sonorités chatoyantes et atmosphériques qui n’empêchent pas Liyon d’aborder aussi dans ses textes la thématique ô combien universelle du temps qui passe comme sur Shut It Down et sur Hurry.
Offert sur les plateformes en ligne
Martin Nolibé

Réconciliation

Le mot «réconciliation» est lourd de sens. Au Canada, on l’associe aux relations avec les peuples autochtones. En Allemagne, il évoque la réunification du pays après la chute du mur de Berlin. À l’invitation du Goethe-Institut, une vingtaine d’artistes des deux pays offrent sous forme de planches de bande dessinée un regard personnalisé sur la réconciliation. Certains l’ont interprétée avec humour et ironie, d’autres sous forme d’hommage. Quelques œuvres sont optimistes, d’autres cyniques. Une multitude d’enjeux sont abordés : autisme, environnement, extrême droite, colonialisme, droits des LGBTQ+… Le tout forme une riche expo en ligne qui porte à réfléchir.
Au goethe.de
Marie-Lise Rousseau

Jumbo

Passé par Sundance et Fantasia, le film de la cinéaste belge Zoé Wittock a de quoi surprendre et impressionner. Jeanne, une jeune femme timide, travaille de nuit dans un parc d’attractions et vit une relation fusionnelle avec sa mère excentrique. Puis, elle tombe amoureuse de Jumbo… un manège à sensations fortes. Que dire de plus? On fonce au cinéma pour en prendre plein la vue, et voir le duo d’actrices Noémie Merlant/Emmanuelle Bercot livrer d’excellentes, et inattendues, performances.
En salle dès aujourd’hui
Amélie Revert


Et on se désole pour:

La vie du secteur culturel

Cette semaine, nous avons eu la joie immense de voir pour la première fois en six mois des musiciens sur scène et des acteurs sur les planches. Mais alors que la vie culturelle redémarre lentement, mais sûrement, on observe une inquiétante remontée des cas de COVID-19 à travers la province, pour la plupart transmis lors de rassemblements privés. On se croise très fort les doigts pour que ces hausses ne compromettent pas de nouveau la vie du secteur culturel, déjà hyper fragilisé par la pandémie. Marie-Lise Rousseau

Articles similaires