Culture
11:46 7 octobre 2020 | mise à jour le: 7 octobre 2020 à 11:46 temps de lecture: 4 minutes

Philémon Cimon demande en chanson à Legault de reconnaître le racisme systémique

Philémon Cimon demande en chanson à Legault de reconnaître le racisme systémique
Photo: Capture d'écranPhilémon Cimon

Ébranlé comme plusieurs Québécois par la mort de Joyce Echaquan sous des insultes racistes, l’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon a composé et enregistré une chanson dans laquelle il demande directement au premier ministre François Legault de reconnaître le racisme systémique au Québec.

Nommée M. l’premier ministre, la chanson commence ainsi: «M. l’premier ministre/Je vous fais une lettre/Y faudrait reconnaître/Le racisme systémique»

Le chanteur y rappelle les injustices qu’ont subies les peuples autochtones du Québec depuis l’arrivée des colons européens. Il vante aussi les savoirs ancestraux et les valeurs prônées dans leurs communautés. «Si on les écoutait/Y’aurait pus de problème/Dans notre écosystème/La planète on’a sau’vrait»

Il pique également une flèche au passé souverainiste de François Legault. «Moi chu un souv’rainiste/Comme vous si j’me trompe pas/Mais’un pays ça s’fait pas/Sans écouter la liste/De tous ceux qui ont mal/De ceux qu’on a floués»

Dans le dernier couplet, Philémon Cimon rappelle au premier ministre que la balle est dans son camp. «M. l’premier ministre/C’est sûr’ment une belle chance/Que d’être la balance/Qui peut taire l’injustice/Tout ça est ent’ vos mains»

«Y’a du monde chaque jour/Qui meurent de not’ système/Moi j’dis y faut qu’on s’aime» -Philémon Cimon

De plus en plus de pression

Malgré les multiples demandes formulées ces derniers mois dans la foulée du meurtre de George Floyd aux États-Unis, puis du décès de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette, le gouvernement Legault refuse toujours de reconnaître qu’il existe du racisme systémique au Québec.

Philémon Cimon espère que sa chanson pourra convaincre le premier ministre de changer son fusil d’épaule. «Je n’ai pas peur de prendre parole, et je sais la porter. À la suite des événements tragiques et sordides entourant l’homicide, à mon sens meurtre, de Joyce Echaquan, je me suis adressé au premier ministre […] pour qu’il admette une fois pour toutes l’existence du racisme systémique dans notre société, depuis plusieurs siècles, un racisme imbriqué dans notre histoire, et prenne responsabilité de la situation en tant que chef d’état, pour que des changements radicaux et durables soient apportés immédiatement», a-t-il déclaré.

Philémon Cimon a enregistré et mis en ligne une première version de sa chanson M. l’premier ministre le 30 septembre, soit deux jours après la mort de Joyce Echaquan.

Il l’a chantée pour le collectif Idle No More lors des manifestations de soutien à la famille de Joyce Echaquan et à la communauté atikamekw de Manawan.

Dimanche dernier, il en a enregistré une nouvelle version en compagnie de l’autrice-compositrice-interprète innue Kanen, qui livre un émouvant témoignage en fin de chanson pour demander du changement. «J’ai le coeur brisé, je suis épuisée», y dit-elle.

L’argent amassé par la vente de la chanson ira à un organisme qui soutient la lutte contre le racisme systémique au Québec.

Philémon Cimon n’est pas le seul artiste à s’être mobilisé après la mort de Joyce Echaquan. La semaine dernière, la chanteuse inuk Elisapie a adressé un cri du cœur à François Legault pour lui demander de reconnaître l’existence du racisme systémique au Québec.

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