Le prix Victoire échappe à CÅ“ur de pirate
CÅ“ur de pirate n’a pu répéter son exploit de l’an dernier aux Victoires de la Musique, le pendant français du gala de l’ADISQ. En lice dans la catégorie de l’Artiste interprète féminine, la chanteuse québécoise est repartie du Palais des congrès de Paris les mains vides mardi soir.
L’Académie a décidé de remettre le prix à la Franco-Israélienne Yael Naim qui, en novembre, lançait son troisième album, She Was a Boy, un opus entièrement composé en anglais. Asa et Vanessa Paradis figuraient aussi parmi les finalistes.
En 2010, CÅ“ur de pirate – de son vrai nom Béatrice Martin – avait remporté le trophée de la Chanson originale de l’année pour Comme des enfants à la suite d’un vote populaire. Mardi, c’est Zaz qui a obtenu les faveurs des mélomanes grâce à son succès Je veux.
La star de 21 ans a toutefois pu fouler les planches de l’enceinte à 2 reprises : pour un hommage musical à Serge Gainsbourg, durant lequel elle a poussé la note sur Pull marine, autrefois interprétée par Isabelle Adjani, puis pour sa propre chanson, Francis, qu’elle a jouée au piano entourée de virevents géants.
Avec une récolte de trois trophées, Gaëtan Roussel a été le grand gagnant de la soirée. L’ex-leader de Louise Attaque a été sacré Artiste masculin, en plus de rafler les palmes de l’Album rock et de l’Album de l’année pour son premier disque en solo, Ginger.
Nouvelle formule, même résultat
Plus court, mais pas plus efficace. Pour éviter de répéter les erreurs du passé et de présenter une cérémonie de plus de quatre heures, l’association des Victoires de la musique avait adopté une nouvelle approche cette année : scinder le tout en deux parties. La première, dédiée aux révélations, a été présentée le 9 février. La deuxième, consacrée aux artistes établis, était diffusée mardi sur France 2 (au Québec, on n’avait qu’à syntoniser TV5).
Finis, les interminables galas qui produisent le même effet qu’un somnifère? Après avoir regardé celui d’hier, force est d’admettre que non. Les organisateurs ont peut-être empêché la grand-messe musicale de déborder au-delà des deux heures et demie, ils n’ont toujours pas trouvé le moyen de pallier le manque de rythme de la soirée.
Pauvre Marie Drucker, laissée à elle-même sur scène avec ses cartons, tentant désespérément de remplir le temps d’antenne entre chaque numéro! Il fallait la voir – en direct à la télé – demander à son régisseur la permission de présenter le prochain invité pour mesurer l’ampleur de la catastrophe. «Est-ce qu’il est prêt?» a-t-elle lancé, impatiente, les yeux tournés vers les coulisses, avant la prestation de Benjamin Biolay. Quelques minutes plus tard, le manège recommençait. Peinant à se concentrer pendant que les techniciens s’affairaient à préparer la scène pour la prochaine chanson, elle se plaignait : «Qu’est-ce qui se passe? J’ai l’impression que… C’est du direct!»
L’idée de présenter un prix entre deux performances n’a vraisemblablement jamais traversé l’esprit des organisateurs. Nul besoin de mentionner qu’on se serait passé de tous ces moments de pur malaise, où l’animatrice devait se taper le curriculum complet de l’artiste en attendant qu’il s’installe.
Côté réalisation, par contre, les Français excellent. Quelle bonne idée de présenter des effets ralentis au moment où on révèle le nom des lauréats. On peut ainsi apprécier les réactions des vainqueurs lorsqu’ils se lèvent de leur siège.
Quant aux prestations, on se souviendra de celles de Gaëtan Roussel (une énergique Help Myself chantée au deuxième pallier de la scène) et de Christophe Maé (survolté, sur On s’attache). Parmi les ratés, citons Stromae, qui a cru que son tube Alors on danse se prêterait bien à une version symphonique. Erreur.
Les gagnants
- Artiste masculin : Gaëtan Roussel
- Artiste féminine : Yael Naim
- Album de l’année : Ginger (Gaëtan Roussel)
- Chanson originale ; Je veux (Zaz)
- Spectacle de l’année ex æquo : M au château de Versailles et Ma dernière séance (Eddy Mitchell)
- Vidéoclip de l’année : La banane (Katerine)
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