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Les Émotifs anonymes : se montrer sous un autre jour

Il n’est pas donné à tous d’aimer, de travailler et même de se comporter «normalement». Il y a des gens qui peuvent suer abondamment avant un rendez-vous galant (l’équivalent de quelques chemises) et d’autres personnes extrêmement timides ou angoissées qui n’osent pas s’affirmer pour obtenir ce qu’elles désirent. Ce sont des émotifs anonymes. Dans le film du même nom qu’a réalisé Jean-Pierre Améris, deux êtres socialement inadaptés (incarnés par Benoît Poelvoorde et Isabelle Carrée) apprendront à domestiquer leurs démons intérieurs.

«Non, je ne suis pas un émotif anonyme, clarifie d’emblée Benoît Poelvoorde au bout du fil. Je ne connaissais pas ça. Je ne pensais même pas que ça existait. En même temps, émotifs, on l’est tous. Je suis émotif, mais pas à outrance.»

Le populaire interprète qui ne quitte plus les écrans de cinéma depuis déjà quel­ques années (Podium, Astérix aux Jeux olympiques, bientôt dans Rien à déclarer, de Danny Boon) a été fort intéressé par cette histoire drôle, charmante et sans prétention, qui lui a permis de renouer avec Isabelle Carrée qu’il avait côtoyée dans Entre ses mains. Le suspense est cette fois remplacé par une romance, un genre peu courant dans sa filmographie. «On me voit rarement dans des comédies romantiques parce que j’ai un physique qui ne s’y prête pas», laisse-t-il entendre.

Humoriste et acteur participant généralement à des projets comiques, Benoît Poelvoorde s’est peu à peu éloigné de sa zone de confort pour s’essayer au drame. Dans Selon Charlie, Coco avant Chanel et L’autre Dumas, il en a impressionné plus d’un par sa sensibilité et son tempérament introverti.

«Je ne pense pas que j’y excelle, confie le principal intéressé, qui a été découvert dans l’œuvre culte C’est arrivé près de chez vous. Je pense que c’est le système qui veut ça. Le système veut qu’on puisse aimer quel­qu’un de rigolo qui devient tragique dans un autre film. On pense qu’il est génial en tragique, alors que peut-être que quel­qu’un de pas connu aurait été encore meilleur. Je ne pense pas que tous les acteurs sont drôles, mais tragiques, ils le sont. Le fait qu’un comique devienne tragique n’est rien d’autre qu’une forme de calcul un peu crétin. Souvent, on me trouve tragique parce que j’ai été drôle. Ce n’est que la résultante, l’opposé.»

Chanter à l’écran : Pas si fa si la chanter
Une scène de Les émotifs anonymes nécessitait que Benoît Poelvoorde chante son amour. Même s’il a déjà incarné le mythique chanteur Claude François à l’écran, ce moment a été particulièrement douloureux pour le comé­dien belge.

«Je pense que chanter est un des plus grands lâcher-prises  qui soient, confie-t-il. Pour un être humain, chanter, c’est quelque chose de très intime. Je me suis toujours défendu de chanter face à une caméra. Je l’ai fait pour Podium, mais c’était un personnage. Ça m’est très délicat de chanter parce que je n’aime pas ça. Je déteste, même, c’est une vraie difficulté.»

Les émotifs anonymes

En salle dès vendredi

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