Culture
15:11 17 mars 2021 | mise à jour le: 17 mars 2021 à 17:04 temps de lecture: 5 minutes

Les salles de spectacle impatientes de retrouver leur public

Les salles de spectacle impatientes de retrouver leur public
Photo: Place des Arts/Collaboration spécialeLe Théâtre Jean-Duceppe lors de la rentrée culturelle de la Place des Arts en septembre 2020

Danse, théâtre, musique, humour… Tous les arts de la scène se préparent à accueillir des spectateurs après une année éprouvante. Le gouvernement de François Legault a en effet annoncé mardi la réouverture des salles de spectacle dès le 26 mars.

Pour le Théâtre du Rideau Vert, la nouvelle «tant attendue» est réjouissante. «L’équipe de production est heureuse que le travail de répétitions ne se soit pas fait en vain et saute de joie à l’idée de rencontrer son public», s’enthousiasme Céline Marcotte, directrice générale de l’établissement.

Alors que la pièce Le vrai monde? se jouera à partir du 20 avril, son équipe se dit confiante «que le public sera au rendez-vous».

Le Conseil québécois du théâtre déclare également être soulagé, mais sa directrice générale Catherine Voyer-Léger tient à souligner qu’il s’est écoulé un mois entre l’ouverture des salles de cinéma et celle de spectacle. Elle se demande à ce propos si les théâtres pourront rouvrir le 26 mars, car il faut «pouvoir se préparer et vendre des billets».

«Une de nos craintes, c’est que les gens aient l’impression qu’on est complètement sorti de cette crise avec l’annonce de la réouverture des salles de spectacle. Ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une réouverture partielle, avec de petites jauges. Chaque bulle doit en effet être distanciée de 1,50m d’une autre», précise Catherine Voyer-Léger.

Aides essentielles pour les salles de spectacles

Selon elle, «les théâtres vont encore avoir besoin de soutien financier pour pouvoir poursuivre leurs activités dans les prochaines semaines et les prochains mois». Elle insiste sur l’importance des subventions pour la survie du milieu. «On nous dit entre les lignes d’être confiants pour le renouvellement de la mesure d’aide à la diffusion». Ces détails seront dévoilés dans le prochain budget prévu pour le 25 mars.

Olivier Corbeil, propriétaire du Ritz, du Théâtre Fairmount et du Newspeak, abonde en ce sens. «On est encore là grâce aux aides gouvernementales. Sans elles, on n’aurait pas eu le choix de fermer. Il faut que les autorités nous soutiennent encore un peu», réclame-t-il.

Même s’il entrevoit un «bon point de départ» et «un début de fin de la crise», ses trois salles resteront cependant fermées. «Nous sommes prêts à recevoir du public, mais nous ne le ferons que lorsqu’il sera possible de présenter des spectacles comme avant.»

Une des raisons pour lesquelles les portes de ses établissements demeureront closes, «c’est qu’une programmation d’artistes internationaux, ça s’organise trois ou quatre mois à l’avance».

«Nous espérons un retour des shows entre septembre prochain et début 2022, selon les scénarios», explique-t-il. Pour Olivier Corbeil, «tout dépend évidemment de la vaccination au Canada, mais aussi dans le monde, et de l’ouverture des frontières».

Public et artistes enfin réunis

De leur côté, les institutions culturelles, comme la Place des Arts, sont opérationnelles pour leur réouverture. Contactée par Métro, Marie-Josée Desrochers, sa présidente-directrice générale, salue une décision qui permettra de «retrouver ces moments magiques» des salles de spectacle, après plusieurs mois de présence sur le web.

«La rencontre entre le public et les artistes est quelque chose d’unique. C’est pour cela qu’on appelle ça le spectacle vivant.» Marie-Josée Desrochers, présidente-directrice générale de la Place des Arts

Pour sa part, le président de l’ADISQ Philippe Archambault certifie que le milieu de la musique est prêt pour une réouverture «salutaire». «Après ce long hiver qui nous a maintenus isolés les uns des autres, rassemblons-nous autour de notre musique, en chair et en os», a-t-il déclaré dans un communiqué.

En tant que lieu de diffusion, la Place des Arts confirme avoir beaucoup travaillé sur «le fameux guide sanitaire». «J’appelle cela « la chorégraphie », car nous voulons que l’expérience du public soit à la fois sécuritaire et agréable. Après tout, on veut se divertir quand on vient écouter un concert ou voir un spectacle», ajoute Marie-Josée Desrochers.

Bien que les salles pourront rouvrir, «la reprise sera lente et graduelle tout au long de 2021», prévient-elle. «Notre travail n’est certainement pas terminé et nous devons continuer à multiplier les efforts pour faire en sorte que le secteur revienne à pleine capacité.»

De place pour tout le monde?

Rassurante, elle affirme que «le milieu a été très résilient, créatif et proactif». La Place des Arts est par ailleurs «en discussion avec les producteurs et les compagnies résidentes et associées» en vue de nouvelles propositions de spectacles et de concerts.

Tout l’hiver et jusqu’en juin, les salles de répétitions de la Place des Arts ont ainsi «été ouvertes gratuitement aux artistes par des appels à projets».

Catherine Voyer-Léger s’avoue toutefois préoccupée par la réouverture des salles de spectacle, qui entraînera un «embouteillage de diffusion» à gérer. Ce n’est pas vrai que tout le monde va être de retour au travail», mentionne-t-elle.

Enfin, la directrice générale du Conseil québécois du théâtre souhaite «un investissement massif pour permettre aux artistes individuels – les grands oubliés de la pandémie – d’être financés pour continuer à travailler même si ce n’est pas leur tour d’être diffusé».

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