Blink-182: Éternels adolescents
Ils ont beau approcher la quarantaine, les trois membres de Blink-182 n’ont pas perdu leur énergie d’adolescents fougueux, et ne se prennent pas plus au sérieux qu’il y a 10 ans. Et, malgré leur séparation temporaire entre 2005 et 2009, Mark Hoppus, Tom DeLonge et Travis Barker ont conservé la chimie amicale qui règne entre eux. Ils ont aussi bien su conquérir les 11 100 spectateurs réunis au Centre Bell mardi soir, comme ils l’avaient fait lors de leur dernier passage, il y a deux ans.
Après une demi-heure de première partie accordée par le Manchester Orchestra, c’est au groupe du New Jersey My Chemical Romance qu’est revenu la tâche de réchauffer la salle avant l’arrivée du trio californien sur scène. Gerard Way, Mikey Way, Frank Iero et Ray Toro ont offert une performance tout à fait honorable et ont réussi, à force de lancer des ballons dans l’assistance, de sauter partout sur la scène et d’encourager le public à danser, à mettre les gens dans une ambiance de fête.
Mais malgré tous les efforts déployés par le chanteur aux cheveux rouges et ses comparses, c’est à l’arrivée du groupe punk-rock chéri des jeunes que le public s’est réellement animé. Et pour cause: il aurait fallu beaucoup de mauvaise volonté pour ne pas se laisser entraîner dans la frénésie quasi-nostalgique qu’a causée l’arrivée du trio sur la scène.
«Merci beaucoup! a lancé DeLonge d’entrée de jeu, s’adressant à la foule en français. Je vais à la plage avec mon Speedo! Poutine! C’est tout le français que je connais…»
Appuyé par des projections de dessins d’une ville, très réussies, le groupe a ensuite entonné Feeling This, tirée de son album éponyme (le dernier à être paru avant la séparation du groupe, en 2003), puis Up All Night, le premier extrait de son sixième album à venir. La foule était alors déjà bien réchauffée, mais a littéralement explosé de joie quand le trio a enchaîné avec Rock Show (tiré de Take Off Your Pants and Jacket, 2001) et le grand succès What’s My Age Again? (de l’album de 1999 Enema of the State).
Entre les pièces, les deux chanteurs et guitaristes, Tom DeLong et Mark Hoppus, ont multiplié les blagues, insistant notamment sur le fait que Montréal était la meilleure ville où se produire. «C’est certainement le spectacle avec le plus beau monde qu’on a eu jusqu’ici! s’est exclamé Mark Hoppus lors d’une de ses interludes. Si vous saviez combien on a dû endurer de laiderons, spectacle après spectacle!» Le langage cru des deux comparses et leurs incessantes moqueries ont contribué à conférer à cette soirée une impression de retour à l’adolescence.
Dans l’ensemble, le groupe a offert tous ses classiques (Small Things, Josie, Violence…), pour l’immense plaisir du public – dont la moyenne d’âge ne devait guère dépasser les 20 ans –, mais aussi des inédites (dont Hearts All Gone) qui laissent présager que l’opus à paraître prochainement, Neighborhoods, nous offrira du bon vieux Blink comme on l’aime.
Au bout d’une heure de spectacle, le trio a quitté la scène et s’est fait prier un peu avant d’entamer un excellent rappel, débuté par un solo de batterie de Travis, grimpé sur une sorte de plateforme qui se promenait au-dessus de l’assistance dans un impressionnant jeu de laser et de projections. Le groupe a ensuite fini en beauté en offrant Carousel (de l’album Cheshire Cat, paru en 1994) et l’incontournable Dammit (Dude Ranch, 1997).
Et on est sortis du Centre Bell les oreilles bourdonnantes, avec la très nette impression d’avoir à nouveau 15 ans.