Jean-Marc Parent: maître conteur
«Il faut que j’arrête! J’étais censé faire une intro de huit minutes!» s’est exclamé Jean-Marc Parent après avoir parlé non-stop pendant une heure et quart dimanche soir à la salle Wilfrid-Pelletier. Et pour une rare fois dans sa vie, il n’exagérait pas. Le roi de l’improvisation a fait honneur à sa réputation et nous a proposé des numéros fleuves qui – à quelques exceptions près – passaient à la vitesse de la lumière. Entouré des musiciens du Mercedes Band, ses fidèles complices depuis l’époque de L’heure JMP, le comique a encore une fois montré qu’il entretenait une relation d’extrême complicité avec son public. Ce dernier lui a d’ailleurs réservé une ovation monstre avant même qu’il ouvre la bouche, en lever de rideau.
Généreux, Parent s’est efforcé d’offrir du matériel inédit du début à la fin de ce gala nouveau genre. Et à en juger par l’enthousiasme débordant des nombreux spectateurs qui avaient déjà assisté aux premières représentations de Torture, son plus récent one man show, le «vieux routier» y est arrivé… au grand dam de ses invités, qui, malgré leurs efforts, n’ont jamais réussi à accoter ses performances à l’applaudimètre.
Il faut dire que Jean-Marc a placé la barre (très) haut d’entrée de jeu en discutant de tout et de rien avec la foule : des pommeaux de douche pro-environnement qui réduisent de moitié la pression de l’eau à sa perte de cheveux, en passant par sa fascination pour une certaine chaîne de magasins grande surface (Canadian Tire) et la hausse du prix de l’essence.
«Les grandes pétrolières devraient arrêter de jouer aux hypocrites et nous le dire en pleine face : « Les vacances de la construction commencent vendredi, on va vous fourrer solide! »» a-t-il suggéré sous les cris approbateurs de l’auditoire.
Parmi les meilleurs moments de ce monologue d’ouverture, citons le récit de la coloscopie qu’il a passée à quelques jours de la première montréalaise de Torture. Jean-Marc Parent a provoqué des cascades de rires en décrivant son jeûne de 36 heures avant l’intervention, ses mésaventures en jaquette à l’hôpital, son séjour dans «la chambre à pets»… Pour notre part, on se serait passé de certains détails qui laissaient peu de place à l’imagination… Entre deux apartés improvisés, les numéros préparés et maintes fois répétés des invités cadraient parfois mal avec le ton non formaté de la soirée.
À l’heure de tombée, Jérémy Demay pouvait se vanter d’être celui qui s’en était le mieux sorti. Le charismatique Québécois d’adoption a ravi la foule grâce à un numéro sur le couple livré avec une énergie contagieuse. Dans la peau de l’inexpressive et condescendante Carole, un personnage payant dont les capsules font fureur sur le web, Silvi Tourigny a aussi réussi à tirer son épingle du jeu. «Changez vos piles de détecteur de fumée, je suis en feu ce soir», a-t-elle clamé d’un ton neutre et amorphe.
De leur côté, les Denis Drolet nous ont plutôt déçu en présentant un sketch survolté, certes, mais décousu et criard à propos de leur père manquant.