Culture

Ce n’est pas un rêve, c’est Vanille

Vanille
Vanille Photo: Collaboration spéciale Bonbonbon

Au coeur de l’hiver dernier, Vanille sortait Soleil ’96, un premier album onirique teinté de nostalgie. Rencontre avec la musicienne qui se produit mercredi soir à POP Montréal.

«Soleil ’96 est comme une deuxième naissance.» S’il fait référence au dépanneur mythique d’Hochelaga-Maisonneuve situé en face des studios de Rouen, le premier disque de Vanille – projet solo de Rachel Leblanc – évoque par ailleurs une nouvelle aventure très intime. «Comme je suis née en août 1996, le mois du soleil, c’est aussi une référence à ma venue au monde, à ma musique très sunshine», explique l’autrice-compositrice-interprète croisée au début de l’été lors du festival gaspésien BleuBleu.

Huit mois après la sortie de Soleil ’96, Vanille n’en revient toujours pas. «J’étais tellement heureuse en janvier. Les gens ont été si gentils, ils l’ont accueilli à bras ouverts. C’était la pandémie, ils avaient besoin de chaleur et étaient très curieux», poursuit-elle. Depuis, elle avoue se sentir sans cesse encouragée par un public québécois «très à l’affût des artistes locaux et qui fait de la place pour tout le monde».

Il faut dire que pour son premier album, Vanille a su bien s’entourer. Emmanuel Ethier, reconnu pour avoir collaboré avec Pierre Lapointe, Corridor, Peter Peter et Chocolat notamment, a ainsi réalisé Soleil ’96. «Je traînais mes compositions depuis pas mal longtemps, quand Emmanuel m’a approchée fin 2018. C’était une super belle nouvelle! Il a eu l’idée d’intégrer du violon, entre autres. C’est tellement beau!»

Lorsque j’ai commencé à composer, je me suis inspirée de la chanson française. Mais je ne voulais pas que ça soit complètement différent du côté nineties de mon précédent EP.

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Françoise Hardy et puis les autres

«Je suis une personne nostalgique. Ma famille me dit tout le temps que je vis dans le passé, confie Vanille avec son regard pétillant. J’écoute de la musique plus vieille que moi, mais comme beaucoup d’autres le font, finalement». L’idée de marier le raffinement de la variété à l’énergie propre aux années 1990 a donc fait son chemin. Même si techniquement, ses mélodies sont différentes de celles de Françoise Hardy, on y retrouve une influence certaine. «J’aime me rattacher à elle», dit-elle.

«J’aime particulièrement Françoise Hardy, car elle se démarque des autres, même si j’admire aussi France Gall pour son côté enfantin. Françoise a une façon d’interpréter et de chanter qui est vraiment personnelle. Elle est magnifique, c’est comme un ange descendu du ciel. Quelle femme incroyable!» s’enthousiasme Vanille.

L’esthétique des années 1940, 1950 et 1960 ne lui est pas étrangère non plus. «J’ai étudié en cinéma et je suis très attachée aux films de ces périodes. J’aime beaucoup quand ils sont un peu vaporeux, de l’ordre du rêve, mais aussi ceux des Italiens comme Rossellini, Antonioni, etc. La Belle et la Bête de Cocteau est culte pour moi!» Et qu’en est-il, alors, de la Nouvelle Vague, dont un morceau de Soleil ’96 porte le nom? «Ça ne parle pas nécessairement de ça, mais ce sont des titres qui font partie de mon imaginaire donc il y a forcément un lien quelque part».

Une suite pour Vanille

«En comparaison de mon EP My Grandfather think I’m going to Hell, ma musique a pris plus de maturité sur Soleil ’96 et continuera sur cette voie». Pour cette raison, il était était essentiel pour elle de délaisse l’anglais pour le français. «Ça a beaucoup de sens pour moi. Je suis une artiste francophone, après tout!»

Enfin, passé, présent et futur se composeront prochainement pour Vanille, qui annonce un deuxième album prévu à l’automne 2022. «Ma musique sera plus folk avec une vibe médiévale. Pendant le confinement, j’ai écouté beaucoup de Shirley Collins et Linda Perhacs, par exemple. J’y ajouterai de la harpe, de la flûte traversière, pour que le tout soit plus orchestral.»

En attendant, les festivaliers de POP Montréal pourront en avoir un avant-goût mercredi soir, alors qu’elle partagera la scène du Théâtre Rialto avec The Besnard Lakes. «J’aime me nourrir de l’énergie du public, faire des blagues», promet Vanille.

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