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L'amour au temps des orignaux ou le cycle de la vie

«La forêt boréale, c’est mon terrain de jeu!» Cette phrase résume bien le travail d’Harold Arsenault, qui y a tourné plusieurs do­cumentaires sur la nature et les animaux. Son dernier effort, L’amour au temps des orignaux, relate quelques années dans la vie d’une maman orignal qui est courtisée par le mâle dominant et qui donne naissance à un enfant. Entre le froid et les prédateurs, les dangers sont nombreux.

Se déroulant essentiellement dans le parc national de la Gaspésie, ce long mé­trage, qui a été concocté de 2006 à 2010, n’a pas immédiatement intéressé son auteur. «Au départ, ça ne m’attirait pas, car je trouvais que les orignaux ne faisaient pas grand-chose. Mais quand tu es près de cet animal-là, c’est tellement imposant… Il y a des mo­ments où je sentais que des choses spéciales se passaient.»

Les documentaires animaliers sont nombreux à voir le jour chaque année, autant au cinéma qu’à la télévision. Harold Arsenault voulait offrir quelque chose de nouveau, rompre avec les conventions des essais proposés par Discovery et National Geographic sans pour autant s’approcher de projets trop anthropomorphiques comme la version française de La marche de l’empereur.

«Si on veut vraiment éveiller le plus de monde à ce qui se passe dans la nature, c’est en prenant une tangente plus grand public, mais en racontant une histoire, explique le cinéaste. Ce qu’ils font à la BBC est fantastique – la qualité de l’image, le budget qu’ils ont – mais je trouve qu’il manque ce côté storytelling.»

Un des choix cruciaux dans l’élaboration d’un tel film est la place laissée à la narration. Faut-il des verbes et des adjectifs pour expliquer ce qui se passe à l’écran ou laisser parler la beauté des images?

«J’ai coupé mille mots du texte de base et j’en aurais enlevé encore, avoue le réalisateur. Mais ce n’est pas un rythme de télévision, c’est un rythme lent. À la télévision, c’est maintenant tellement saccadé, rapide. C’est difficile de captiver le monde. Si tu regardes les premiers documentaires de l’ONF, des fois, il ne se passait pas grand-chose. C’est un autre style, mais il y a de moins en moins de monde qui aime ça. Il faut trouver l’équilibre juste pour que les gens comprennent tout ce qui se passe, et en même temps pour laisser un peu d’espace aux images et à la musique.»

Avoir la bonne voix
C’est la comédienne Isabel Richer qui assure la narration du documentaire L’amour au pays des orignaux. «Je voulais vraiment que ça soit une femme, raconte son réalisateur Harold Arsenault. Pour moi, c’est un film sur le côté féminin de la nature. Isabelle Richer a quelque chose dans sa voix, qui est un peu rauque. Il y a une force qui se dégage, quelque chose comme une femme forte.»

L’amour au temps des orignaux
En salle dès vendredi

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