Critiques CD de la semaine du 8 au 12 avril
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Les indiens, Bombino, Bon Débarras, Folly & the Hunter et Device.
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Du sale ancestral Les Indiens Crâne (4/5) |
Du gros rock sale, voilà ce que les Indiens nous offrent avec leur premier album complet, Crâne. Le groupe lui-même se dit inspiré par les Premières Nations. Même si les influences musicales ne sont pas omniprésentes, on sent la présence ancestrale sur différentes pièces, dont le riff de Boucane, le morceau d’ouverture de l’album. De plus, l’orgue apporte une touche psychédélique qui ne fait qu’ajouter de la profondeur à l’ensemble. Les sept pièces sont longues, mais à aucun moment on espère qu’elles se termineront plus tôt. Seul bémol, on aurait aimé que les performances vocales soient plus assumées.
– Mathieu Horth-Gagné
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Souffle du désert Bombino Nomad (3,5/5) |
Après avoir travaillé avec le plus psychédélique des docteurs, Dr. John, Dan Auerbach a fait équipe avec Bombino, renommé chanteur et guitariste touareg. La pochette à la Easy Rider laisse présager une offrande rock, et le nom du Black Keys barbu à titre de réalisateur aussi. Mais le résultat surprend par sa douceur. Certes, le disque s’ouvre sur une passe de guit que n’aurait pas reniée le duo d’Akron, et des morceaux plus «pesants», tels Azamane Tiliade, marquent le parcours. Mais la majorité des rythmes sont souples, solaires. Cette fois, Dan est resté en retrait. Et les chansons de Bombino, qui parlent d’identité (Imidiwan) et du désert (Her Tenere), se glissent tout subtilement dans l’oreille…
– Natalia Wysocka
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Joyeux mélange Bon Débarras Errance (3/5) |
La base «trad» est bien présente sur ce festif second opus du trio Bon Débarras – Dominic Desrochers, Jean-François Dumas et Cédric Dind-Lavoie (ainsi que l’ancien membre Luzio Altobelli) –, mais nombreux sont les styles musicaux qui s’y greffent : blues, slam (pour une pièce, Le temps passe, aux accents de Loco Locass), cajun, folk… Aux mélodies éclectiques se mêlent des textes bien tournés, généralement signés par les membres du groupe, qui se permettent néanmoins d’emprunter les mots de Gainsbourg pour une reprise très imagée et réussie de sa Chanson du forçat.
– Jessica Émond-Ferrat
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Fine épopée Folly & the Hunter Tragic Care (3/5) |
Venus d’horizons différents, les trois copains de Folly & The Hunter se sont retrouvés à Montréal, une ville qu’ils remercient de les avoir «inspirés à créer ce second album». Sans vouloir tomber dans le cliché du «son montréalais», on sent effectivement dans le folk-rock délicat et éthéré de la formation l’influence de la mouvance Arcade Fire et Pat Watson. Enregistré au trépidant studio Breakglass, Tragic Care offre des chansons, telles Mask ou la pièce-titre, qui partent de l’intimiste pour tendre vers l’épique. Guitare cristalline qui se fait galopante, montée du bass drum, injection de chœurs angéliques, banjo… Un voyage en terres connues, mais accueillantes.
– Natalia Wysocka
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En retard Device Device (2/5) |
Par moments, ce projet du chanteur de Disturbed sonne en tous points comme… un album de Disturbed. Et sur Device, quand David Draiman ne copie pas la formule nu-metal qui a fait le succès de son groupe (grognements et gros riffs de deux notes), l’exploration se limite à revisiter les ambiances électroniques dépassées dont toutes les formations pseudo-industriel ont abusé dans les 15 dernières années. Il est un peu tard, en 2013, pour nous faire réentendre le premier album d’Orgy… Les collaborations plus ou moins pertinentes de Serj Tankian (System of a Down), de Tom Morello (Rage Against The Machine) et de Geezer Butler (Black Sabbath) ne rehaussent pas la qualité de l’ensemble.
– Maxime Huard
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt




