Louis Adam Mastroguiseppi peint «à la carte»
Ce week-end, Louis Adam Mastroguiseppi présentera une de ses toiles, très représentative de son style et de son parcours, dans le cadre du festival multidisciplinaire Chromatic. Entretien avec le jeune artiste montréalais qui, dans l’art, a trouvé une nouvelle voie.
Autodidacte, Louis Adam Mastroguiseppi a commencé à s’intéresser à l’art il y a quelques années seulement. «Plusieurs de mes amis étudiaient dans ce domaine, raconte-t-il. Ils se réunissaient, organisaient des soupers et dessinaient ensemble sans se parler pendant des heures!»
Se joignant au groupe pour ces soirées faites de créativité, Louis a acquis un grand amour pour le domaine. Au fil du temps, il s’est senti de plus en plus à l’aise dans ce nouveau milieu. Puis, petit à petit, les copains ont pris des chemins différents : certains ont continué de se retrouver pour dessiner, d’autres ont arrêté. «J’ai fait de nouvelles rencontres, mes goûts et mes talents ont évolué.»
Avec le temps, l’artiste montréalais a également commencé à peindre. Friand d’explorations, il s’est mis à la recherche de techniques différentes pour s’exprimer. «Au début, je voulais être un peu avant-gardiste. J’ai essayé de peindre avec plusieurs objets, sans jamais réussir à en trouver un qui me plaisait.» Puis, il a eu l’idée d’utiliser une carte de crédit. «C’était parfait pour travailler sur le fond des toiles. Ça me permettait de mettre des couches de la même épaisseur partout. C’était vraiment idéal!»
C’est d’ailleurs Jagged & Unlearned, une de ces peintures «à la carte», qui a été choisie pour faire partie du festival Chromatic. «Elle me représente beaucoup, dit son créateur. Le terme jagged rappelle que je ne suis aucune règle. Et le mot unlearned sous-entend que je n’ai pas suivi de cours dans ce domaine. En fait, ce que ça signifie, c’est que je n’ai pas étudié en art et que je peins sans contraintes!»
Lorsqu’on lui demande si la méthode qu’il utilise, celle des cartes, est également symbolique, il répond que non. «Le seul message que j’essaye de passer, c’est que l’art est imparfait. Et travailler avec une carte de crédit laisse beaucoup plus d’imperfections que lorsqu’on travaille avec un pinceau!»
Aimant autant créer seul qu’en groupe, car «seul, on se frappe souvent à des murs», Louis collabore souvent avec Carl Charland, un artiste qui partage son amour pour le grand format. «Avant, on faisait beaucoup de live painting pendant les concerts d’un de nos amis musiciens, Jon Cohen, raconte-t-il. On essayait de combiner tous les sens. La vue, l’audition, le toucher… Dernièrement, on a commencé à s’inspirer de peintures célèbres. On a récemment fait une reproduction de Matisse.»
Même si, il y a quelques années encore, son parcours ne le prédestinait guère à une telle vocation, le jeune artiste souligne qu’aujourd’hui, ses projets occupent toutes ses pensées. «Je cherche constamment des matériaux, j’élabore des idées, je contacte des gens pour qu’on travaille ensemble… Dans ma tête, sans arrêt, tout est dédié à ça!»
Chromatic
Fonderie Darling
Dès demain et jusqu’à mercredi