Culture

Jacques Kuba Séguin: trompette de la renommée

Photo: Denis Beaumont/Métro

Sacré «Révélation» par Radio-Canada l’an dernier, le super trompettiste Jacques Kuba Séguin est un fan de musique aux goûts éclectiques qui peut vous parler autant de Miles Davis que de Stravinsky, de reggae que de Bassens. Passion contagieuse.

Qu’il raconte comment Jean Leloup lui promettait la lune, s’il parvenait à faire de si beaux arrangements de cuivre sur une chanson que sa belle reviendrait, ou qu’il évoque sa passion du moment pour le compositeur mystique français Olivier Messiaen, qui transforme les chants d’oiseaux en musique, Kuba, diminutif de son prénom en polonais, demeure un être passionnant.

C’est sans doute qu’en plus d’avoir été touché par la grâce du Grand chef d’orchestre de l’univers, le gus est un être attachant qui se refuse à toute forme d’hermétisme ou de snobisme musical. La preuve? Il a joué avec Éric Lapointe au Show Harley Davidson!
Certains puristes parleront de relativisme; nous préférons y voir de l’enthousiasme amalgamé à de l’ouverture d’esprit.

Une façon d’appréhender la vie qui, bien sûr, se reflète dans la musique que compose celui qui a étudié autant le jazz que le classique. Et cela, même si on lui attribue parfois l’étiquette «vieille école». «Oui, je suis de la vieille école. Dans l’approche harmonique ou peut-être dans l’aspect parfois plus acoustique, mais surtout pas dans les formes de mes compositions. Ça me fatigue que dans le jazz on utilise très souvent la formule “thème, solo, solo, peut-être interlude, thème”. C’est bon une ou deux fois sur un album, mais ça peut devenir lassant. Sur mes disques, j’essaie de changer cette recette-là. Parfois, il y a juste un thème. Je tente d’explorer d’autres voies que la façon habituelle de faire du jazz. Comme disait Duke Ellington – et Vic Vogel, avec qui je joue toutes les semaines –, il y a juste deux sortes de musique : la bonne et la mauvaise», analyse ce musicien qui a été très influencé par les œuvres de Stravinsky, de Ravel et de Tomasz Stanko. Il consacre d’ailleurs à ce dernier, un trompettiste et compositeur polonais, une pièce (Pour Stanko) sur son dernier album, Litania Projekt, qu’il a produit avec ses potes de la coopérative dont il préside la destinée (Oddsound.ca).

À l’occasion du Festival de jazz, cet enfant du Mile-End présentera Odd Lot deux tiers. Le premier mot signifie (avec un seul d) «envolée» en polonais, tandis que la portion, «deux tiers», représente le monde dans lequel on vit par rapport au tiers-monde. Une critique sociale qu’il expliquera dans ce concert qu’il a souvent présenté en tournée, notamment en Pologne, et qui ancre ses points d’appui sur les moyens de transport, avec effets sonores et projections. Le musicien et ses cinq complices de la note bleue distilleront également des pièces du prochain album, comme d’autres proposent une escapade nocturne au bout du monde. On embarque.

Jacques Kuba Séguin
À L’Astral
Vendredi à 18 h

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