Culture

Hairspray: du gros bonheur en canne

Hairspray: du gros bonheur en canne
Photo: Denis Beaumont/Métro

Il n’y a pas à en douter, l’enthousiasme du public était au rendez-vous mercredi soir au Théâtre St-Denis, où avait lieu la première médiatique du Hairspray de Denise Filiatrault, monté dans le cadre du festival Juste pour rire. La foule a donné non pas une, mais bien deux ovations debout en plein milieu du spectacle, notamment après une performance particulièrement énergique de Seaweed, interprété par le fougueux Gardy Fury. Disons que l’atmosphère hyperjoyeuse et ensoleillée qui régnait sur scène était rien de moins que contagieuse.

Vous vous souvenez peut-être de l’histoire : dans les années 1960, Tracy (Vanessa Duchel), une jeune fille bien en chair issue d’un milieu populaire de Baltimore, rêve de prendre part à une émission de chant et de danse pour rencontrer son idole Link Larkin (Olivier Dion). Elle y parvient et tente par la suite d’éliminer les dernières barrières raciales qui empêchent les Noirs de prendre part à l’émission autrement que durant le «Jour des Noirs», au grand déplaisir de la productrice Velma Von Tussle (Geneviève Charest).

Traduit et adapté en français par Yves Morin, le spectacle a su faire la part belle à l’humour grinçant du film de John Waters, bien que ce soit davantage cet esprit joyeux et «tout est bien qui finit bien» qui prédomine – Denise Filiatrault et son équipe ont d’ailleurs créé un décor coloré et des costumes on ne peut plus bonbon qui collent parfaitement à l’esprit de la pièce. Et c’est très bien comme ça, parce que ce sont surtout les numéros de chant et de danse qui font la force de cette adaptation scénique.

Là où le bât blesse, par contre, c’est dans l’évidente disparité entre les niveaux de jeu des interprètes, qui ne sont pas tous des acteurs. Si Kim Richardson offre des numéros de chant sublimes, les moments de dialogue – à plus forte raison parce qu’ils sont en français – sonnent bien souvent faux et font décrocher. De la même manière, les ex-académiciens qui font partie de la distribution, notamment Vanessa Duchel, s’en tirent franchement très bien quand ils chantent (on s’en doutait), mais par moments un peu moins quand ils jouent.

Louis Champagne est pour sa part hilarant dans le rôle de la mère de Tracy (!), même si le choix de faire parler en joual une partie de la distribution et pas l’autre nous a d’abord un peu fait sourciller. Pour le reste, les jeunes danseurs du Corny Collins Show sont parfaitement pétillants, les scènes de Gardy Fury volent la vedette, et l’un dans l’autre, le spectacle offre un bon moment de… gros bonheur en canne!

Hairspray
Au Théâtre St-Denis
Jusqu’au 14 juillet

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