Culture

Depp refait l’histoire dans The Lone Ranger

Photo: Walt Disney pictures

En décidant de tenir le rôle de Tonto dans The Lone Ranger, Johnny Depp souhaitait éliminer les préjugés à l’endroit des Premières Nations et corriger certaines erreurs du passé.

The Lone Ranger (The Lone Ranger : Le justicier masqué) est possiblement le plus gros western produit par Hollywood depuis plusieurs années, mais ce n’est pas la première incursion de Johnny Depp, qui y tient la vedette, dans l’univers du Far West. En 1995, le comédien avait joué un citadin dépassé par les événements dans le Dead Man de Jim Jarmusch – un film qu’il n’a pas vu, d’ailleurs. «Jarmusch a dû faire une sorte de western épique et poétique avec Dead Man, dit-il. Je n’ai pas vu le film, mais j’adore Jim et je sais de quoi il est capable. D’après ce que j’ai entendu à propos de Dead Man – et j’avais lu le scénario, bien sûr, et je l’avais beaucoup aimé –, c’est un film magnifique.»

En ce qui concerne The Lone Ranger et son interprétation d’un personnage aussi iconique que Tonto dans un décor tout aussi iconique, Depp – qui a mis le projet sur les rails et en est le producteur exécutif – y a vu une occasion de corriger plusieurs des erreurs commises par Hollywood dans le passé.

«Dans l’histoire du cinéma, les Premières Nations ont toujours été dépeintes comme des sauvages, ou même pire. C’était important pour moi de saisir la chance d’effacer cette image négative», dit-il.

D’un point de vue plus personnel, il y a aussi la façon dont Tonto lui-même – l’allié stoïque du Justicier masqué – a été incarné au cinéma. «Quand j’étais très jeune, j’étais toujours un peu perturbé par l’idée que Tonto était le faire-valoir du Lone Ranger. Ça ne fonctionnait pas dans ma tête», explique-t-il.

Et Depp insiste : ce n’est pas seulement la façon dont Hollywood a dépeint les peuples autochtones qui doit être corrigée. L’acteur aimerait que son blockbuster estival aide les spectateurs à réfléchir aux injustices que la société américaine leur a fait subir durant des siècles et aux préjugés dont ils ont souffert. «Je voulais redire aux gens que les Premières Nations ont été qualifiées de sauvages seulement parce que Christophe Colomb est arrivé à la putain de mauvaise place et a décidé qu’il avait accosté en Inde, lance Depp. Il pensait être en Inde, donc il a appelé les habitants de la place des Indiens. C’est ça, notre histoire, vous voyez? Je veux dire, c’est foutument bizarre, quand on y pense.»

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Armie Hammer, héros dans l’ombre

Métro a parlé au Justicier masqué du film The Lone Ranger, Armie Hammer.

Vous tenez le rôle-titre dans The Lone Ranger, mais celui-ci est présenté comme un film de Johnny Depp. Votre ego en a-t-il pris un coup?
Johnny travaille à ce projet depuis 2006. Si j’avais abordé ce rôle en me disant : «Je joue le Justicier masqué, c’est MON film», ma fierté aurait peut-être été mise à rude épreuve, mais j’étais juste heureux de faire partie de ce tournage.

Vous incarnez ici un héros de western classique, vous avez été les jumeaux de Harvard dans The Social Network, le prince charmant dans Mirror Mirror… Avez-vous peur d’être associé à un seul type de rôle?
Pas vraiment. Je pense que c’est comme ça que les gens me voient, et ce n’est pas un problème. Je ne me plaindrai certainement pas : jusqu’ici, je n’ai pas eu trop de mal à trouver du travail. Et je ne pense pas en termes de types de rôle quand je choisis un film, je choisis plutôt en fonction des gens qui sont associés au projet.

Y a-t-il un genre de rôle qu’on ne vous a pas encore vu jouer et que vous rêveriez de décrocher?
Je pourrais vous donner une réponse d’acteur typiquement masturbatoire du style : «J’adorerais jouer un mec avec des tatouages dans le visage et le crâne rasé!», mais en réalité, je ne sais pas. J’accepterai n’importe quel rôle si le réalisateur et le scénario sont bons.


The Lone Ranger
En salle dès mercredi

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