Culture

Pacific Rim: Monstres contre robots

Photo: Warner Bros.

Dans la superproduction Pacific Rim, Guillermo del Toro s’éclate en envoyant des robots géants combattre des mégamonstres.

Guillermo del Toro est d’abord et avant tout un passionné de cinéma. Mais le réalisateur a été si occupé par ses propres projets – incluant son plus récent film, Pacifim Rim (Rives du Pacifique), dans lequel des robots géants combattent des monstres géants – qu’il n’a pu se mettre sous la dent les derniers films de ses confrères. Du moins, c’est l’excuse qu’il donne pour expliquer qu’il n’ait pas encore vu Man of Steel ou le premier épisode du Hobbit, qu’il a failli réaliser. Malgré son horaire chargé, del Toro a discuté avec Métro.

Man of Steel a essuyé quelques critiques pour son niveau élevé de carnage. Dans votre film, les monstres et les robots font également un joli travail de démolition. Où tracez-vous la ligne entre ce que vous pouvez faire ou pas, entre le réalisme et la fiction?
Par définition, les films du genre kaiju eiga permettent de s’éloigner de la réalité, de s’évader complètement. Même quand tu es un gamin et que tu regardes Godzilla écraser des tanks et des jets et démolir une ville, tu comprends que c’est tellement exagéré que ça ne peut pas arriver dans la vraie vie. Mon travail, c’est aussi de conférer un style surréel aux décors et aux effets spéciaux. Par exemple, en illuminant la pluie de lumières multicolores pour donner une impression de bédé ou de dessin animé. J’essaie aussi de vider le plus possible les rues. Comme ça, on ne se dit pas : «Oh non! Le monstre vient d’écraser 600 personnes!» Comme les rues sont désertes et que tout le monde s’est mis à l’abri, tout ce qu’ils peuvent détruire, ce sont des voitures et des bâtiments.

Avez-vous vu Man of Steel?
Non. Je n’ai pas vu beaucoup de films dernièrement parce que j’en réalisais un! Les deux ou trois fois où je me suis rendu au cinéma dans les dernières années, c’était pour des films que ma fille souhaitait voir. Je suis donc allé voir Les Misérables et des films d’animation! Pas vraiment ma tasse de thé. Mais ça fait partie de mon rôle de père d’amener ma fille voir des films sur Justin Bieber!

Est-ce que ça veut dire que vous devrez aller voir le film de One Direction cet été?
Non! [Rires] Heureusement, ma fille n’est pas vraiment fan des boys band.

Prévoyez-vous faire un autre film en langue étrangère ou vous consacrez-vous pleinement à Hollywood maintenant?
Oui, j’aimerais beaucoup en faire un autre. En fait, je produis beaucoup de films espagnols et latino-américains. J’en produis un mexicain en ce moment. Et en tant que réalisateur, j’aimerais bien y revenir, effectivement. Mais il faut que je trouve un scénario qui me plaise. Ce n’est pas comme si j’avais un tiroir plein de scénarios en anglais et un autre rempli de scénarios en espagnol! [Rires]

Qu’est-ce qui détermine qu’une histoire est mieux contée en espagnol qu’en anglais?
Ce serait impossible de faire un film comme Pan’s Labyrinth à Hollywood. Le projet n’abou­ti­rait jamais; il serait condamné par les grands studios ou alors il serait complètement changé. Il se terminerait bien et on y présenterait toutes sortes de bons sentiments. De la même façon, il serait impensable d’un voir un film aussi spectaculaire et grandiose que Pacific Rim se faire en Espagne ou au Mexique. Tout dépend de la taille du projet. Tout dépend aussi de l’intégrité artistique qu’on souhaite conserver ou du spectacle qu’on souhaite projeter à l’écran. Ça va d’une extrémité à l’autre du spectre.

***
Les favoris de Guillermo
Pacific Rim oppose des kaiju, ces énormes monstres qui ont fait la renommée du cinéma catastrophe japonais à des robots géants conçus par l’homme pour défendre la planète. Le réalisateur Guillermo del Toro a des petits chouchous parmi ces créatures plus grandes que nature.

«Mon jaeger [robot] préféré est Cherno Alpha, avoue-t-il. Il est adorable. Il a un petit côté maladroit et lourd que j’aime bien. Il est un peu old fashion, très steampunk. Il ressemble à un système de chauffage géant! Mon kaiju [monstre] favori est Leatherback, celui qui a une allure de gorille. Je m’identifie à sa bedaine de bière!»


Pacific Rim
En salle dès vendredi

Articles récents du même sujet