André Sauvé: je pense donc je suis… drôle
Après le succès de son spectacle éponyme dans lequel il explorait la folie quotidienne, André Sauvé est de retour avec un second one man show, dans lequel il s’intéresse à la vie et à l’Être.
Difficile d’empêcher un sourire de se dessiner sur nos lèvres quand on a aperçu, hier soir, la grande silhouette mince à la tête hirsute apparaître sur la scène du Théâtre Maisonneuve. Et il n’est plus reparti, ce sourire. Chouchou du public, André Sauvé a encore une fois réussi à monter un spectacle intelligent et hilarant sur un thème tout ce qu’il y a de plus large : Être!
C’est sur une musique épique et sur fond de course de spermatozoïdes (!) que s’ouvre le spectacle, parce que c’est ce qui nous mène à «être», n’est-ce pas. «Mais c’est pas parce qu’on est arrivés qu’on est rendus!»
On s’en doute, le personnage d’angoissé chronique (et hilarant) de Sauvé s’en donne à cœur joie sur le thème d’ «être» dans des sketchs sous forme de tableaux mis en scène efficacement par Josée Fortier.
[pullquote]
Des vacances dans le Sud deviennent une source de stress à cause d’un courriel d’un ami terminé par un PROFITES-EN! en gras, qui amène l’humoriste à s’interroger sur la façon de vivre pleinement le moment présent : «Le passé et le futur sont comme de gros réservoirs, et le moment présent, c’est la mince slice entre les deux; on peut bien ne pas en mener large!»
Être, c’est un amalgame fort réussi et dynamique d’anecdotes savoureuses, d’observations de vie en vrac («Les gens qui se mangent les petites peaux des doigts, à la fin de leurs jours, ils ont mangé l’équivalent de la moitié de leur personne!») et, bien sûr, de ses très attendues philosophies humoristiques (on pense à ce monologue sur l’attente, ou encore à ce segment brillant où Sauvé se fait porte-parole de l’humanité pour apporter nos doléances à Dieu, qui «aurait peut-être pas dû caller malade le 7e jour».) On se souviendra aussi de ce sketch où le pauvre André se retrouve pris dans un cocktail et se promène de conversation en conversation (et de supplice en supplice).
Et surtout, on retiendra ces textes comme à l’accoutumée finement ciselés, et ces observations songées et fouillées. Au terme de ce deuxième one man show, disons simplement qu’André Sauvé confirme que l’amour que lui porte le public est pleinement mérité et qu’il est, sans contredit, un excellent humoriste.