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Le festival Présence autochtone: une main tendue

Photo: Terres en vues

Pour cette 23e édition de Présence autochtone, le festival propose une programmation où le multiculturalisme est à l’honneur.

Selon son président, André Dudemaine, Présence autochtone est un festival résolument ouvert à tous les publics. «La présence autochtone s’exprime à travers les traditions, l’art, le patrimoine, la richesse artistique actuelle, et ça, ça s’adresse à l’univers, dit-il. Ce festival est une main tendue pour que tout le monde vienne partager les cultures les plus anciennes du territoire dans leur expression contemporaine. C’est un festival en croissance, tributaire de l’effervescence culturelle qu’il y a autour des réalités actuelles des Premières Nations.»

Depuis son déménagement sur la place des Festivals en 2010, Présence autochtone est encore davantage au cœur de la vie montréalaise, fait remarquer M. Dudemaine. Mais le changement de location a beau avoir été une réussite, il a aussi coûté très cher. «Et dès l’automne, il va falloir commencer à avoir une réflexion sur le festival avec nos principaux partenaires, pour augmenter les ressources qui nous sont allouées, pour que le festival puisse continuer sur son élan», explique-t-il.

En attendant, cette édition propose une programmation riche en musique et en cinéma, dans laquelle diverses cultures se côtoient. Morceaux choisis.

La parade d’Ataensic
Une nouveauté de l’année : le grand rituel chorégraphié autour du mythe de création du monde des Abénaquis, des Mohawks et des Hurons, soit celui de la femme du ciel, Ataensic. Une femme qui, en résumé, est littéralement tombée du ciel alors que la Terre était complètement recouverte d’eau, a été sauvée de la noyade par des oiseaux, puis par des castors et d’autres animaux descendus au fond de l’eau chercher des morceaux de terre que, par quelques paroles magiques, Ataensic a transformés en terre habitable.

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«On aura une poupée géante – avec une tête de sept pieds de haut! – représentant la femme du ciel, des effigies d’oiseaux et un grand défilé multiethnique avec des groupes chorégraphiques de différentes traditions, qui vont venir avec les oiseaux porter la femme du ciel sur la place des Festivals pour rappeler cette origine du monde habité, décrit André Dudemaine. On commence à utiliser les effigies géantes, avec des masques, dont le rôle ancien était de représenter le monde des esprits.»

Fiddle No More
Le mouvement Idle No More ayant été au cœur de l’actualité à la fin de 2012, il aurait été difficile pour Présence autochtone de passer à côté : «Il aurait fallu se censurer, et ce n’est pas tout à fait notre genre», sourit André Dudemaine.

Réunissant les groupes Digging et CerAmony, qui ont accompagné en musique le mouvement Idle No More, le spectacle Fiddle No More (allusion au mouvement, bien sûr, mais aussi au rock’n’roll qui unit les deux groupes, lesquels privilégient la guitare électrique plutôt que le violon, ou fiddle) sera donc teinté d’une importante connotation sociopolitique.

Électro-choc
Cette soirée en collaboration avec le festival MEG est certainement une des plus multiculturelles : «On vit à une époque mondialisée, toutes les cultures sont en contact très rapproché les unes avec les autres, l’influence est très palpable, très directe, il y a des collaborations artistiques qui se font par l’internet, ce qui permet à des artistes éloignés d’élaborer ensemble des projets», fait remarquer M. Dudemaine.

Électro-choc comptera notamment DJ Poirier, ainsi que l’artiste montagnais Shauit,  «qui fait du reggae, mais dans sa langue ancestrale, l’innu, dit André Dudemaine. Il va être jumelé à des artistes de la Martinique, le berceau du reggae. C’est un mariage improbable entre des gens des Caraïbes et un Amérindien du Nord-du-Québec, mais il y a une connexion par le style musical. Et ça, c’est quelque chose qui est possible au 21e siècle.»

Richard Desjardins, une dernière escale
Avant de tirer sa révérence pour une longue pause loin de la scène, c’est à Présence autochtone que le célèbre chansonnier offrira son Existoire ultime. Un choix qui allait de soi, le poète engagé étant un ami de longue date du festival – et de la cause des Premières Nations, on le sait.

«En 1991, au tout premier festival, on n’avait aucune subvention, c’était une époque difficile, se souvient M. Dudemaine. Desjardins était alors une étoile montante, et il avait donné un spectacle-bénéfice pour permettre au festival de voir le jour. Depuis, c’est pour nous un compagnon de route, un ami de toujours.»

***
7e art
Parmi une riche programmation cinématographique compétitive, André Dudemaine nous fait part de quelques coups de cœur :

  • Paroles amérikoises, de Pierre Bastien. «Un film qui met en vedette des écrivains de toutes origines réunis sur la rivière Mingan pour avoir des échanges artistiques et réfléchir sur la cohabitation, l’histoire, l’avenir. Ça donne quelque chose de très étonnant.»
  • Winter in the Blood, d’Alex et Andrew J. Smith. «L’adaptation d’un roman de l’écrivain de la nation Pieds-Noirs James Welch, une œuvre très importante dans l’histoire littéraire amérindienne.»
  • Xingu, de Cao Hamburger. «Une fresque historique inspirée de la vie des frères Villa-Boas, qui ont créé le premier grand territoire amérindien protégé dans la forêt du Brésil pour éviter que les colons exterminent les Amérindiens. Une aventure incroyable!»
  • Beauty, de Daniela Seggiaro. «Un film d’Argentine qui montre un chassé-croisé entre trois femmes, dont une domestique Wichi, avec une finale… carrément méchante!»

Présence autochtone
Du 30 juillet au 5 août

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