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Les sessions montréalaises de Philémon Cimon

Photo: Valérie Jodoin-Keaton

Après Les sessions cubaines, Philémon Cimon, autrefois connu comme Philémon chante, lance un deuxième album, enregistré cette fois à Montréal : L’été.

En 2009, Les sessions cubaines avait été enregistré dans la perle des Antilles en deux jours. Pour L’été, Philémon Cimon s’est offert le luxe de… cinq journées en studio. Mine de rien, cette prolongation de trois jours a donné un résultat plus étoffé, mais aussi instinctif que le premier.

«J’ai essayé de garder certains barèmes similaires à ceux du premier disque, de ne pas trop me donner de temps, d’enregistrer tout le monde en même temps dans la même pièce, explique le chanteur, d’abord révélé au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2005. Quand tu enregistres comme ça, tu captes un moment, une énergie entre les musiciens, plutôt que d’essayer de confectionner une musique de laboratoire.»

Cette fois, c’est à Montréal que le musicien a enregistré ses nouvelles pièces – «j’ai voulu capter l’énergie de Mont­réal, de ma façon de vivre Montréal, évidemment» – accompagné de musiciens issus des scènes anglophone, francophone et hispanophone. Ainsi, il retrouve Philippe Brault (coréalisateur de L’été) et s’adjoint notamment Nicolas Basque (Plants & Animals), Sarah Pagé (The Barr Brothers) et Guido Del Fabbro, en plus de refaire équipe avec son cousin Papacho et de reprendre un «rendez-vous manqué» avec le saxophoniste Nestor Rodriguez Vilardell. «Je l’avais rencontré deux jours avant l’enregistrement de mon premier disque, en même temps que le violoniste, et je leur avais dit de venir en studio, se souvient Philémon. Sauf que Nestor ne pouvait pas le premier jour, et le deuxième, je trouvais l’équilibre tellement fragile que je ne voulais rien changer. Je l’ai revu quand je suis retourné à Cuba, et quand j’ai décidé que j’allais faire mon album à Montréal, je me suis dit que j’emmènerais chez nous le seul avec qui ça n’avait pas pu se passer la première fois.»

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D’avoir choisi des musiciens expérimentés s’est révélé une bonne idée, vu la façon dont l’artiste souhaitait créer l’album. «C’est sûr que j’avais besoin de musiciens qui vivent la musique, fait-il remarquer. Des gens à qui je lançais un truc et qui, la seconde d’après, étaient déjà capables de me sortir quelque chose d’inspiré. Je n’ai pas tant choisi des instruments de musique que des musiciens.»

Philémon n’a pas imposé de partitions à ses acolytes et s’est contenté de donner des grilles d’accords, leur disant ni plus ni moins : «Faites ce que vous voulez!» «Je savais de quel instrument ils allaient jouer sur quelle pièce, mais le reste s’est décidé en studio.»

L’été arrive (en plein hiver) quelque quatre ans après la réédition chez Audiogram des Sessions cubaines. «Après avoir fini d’enregistrer, j’ai compris ce que j’essayais de faire depuis quatre ans, explique l’artiste. J’ai travaillé beaucoup, mais il y a des moments où j’avais plus envie de payer ma dette envers Cuba. J’avais tellement aimé ce que les gens m’avaient donné là-bas que j’avais envie de leur redonner, et il y a des moment où j’ai fait passer la vie avant la musique. Il y a moyen de vivre! C’est ça le plus intéressant, après tout.»

L’été
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