Exposition au Musée McCord: Mon pays, c’est la musique
Dès vendredi, le Musée McCord proposera Musique – Le Québec de Charlebois à Arcade Fire, son imposante nouvelle exposition qui retrace l’histoire du Québec à travers les moments marquants de sa musique, des années 1960 à aujourd’hui. Métro l’a visitée.
Le son avant tout
«Représenter un patrimoine immatériel comme la musique était un défi de taille, que nous avons relevé grâce à la collaboration des artistes qui nous ont prêté des objets, souligne Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du Musée McCord, ajoutant qu’il faut absolument l’audioguide pour visiter l’exposition. Et on comprend pourquoi en mettant les pieds dans la salle. Comme une exposition sur la musique requiert de nombreuses archives sonores, on ne pourrait pas tout faire jouer en même temps dans le musée sans créer une cacophonie. Muni des écouteurs, on peut donc sélectionner la piste sonore qui correspond au segment où on se trouve – reportage, extraits de chansons, captation de spectacle… La visite se conclut toutefois dans la zone Hymne, une aire réservée à l’écoute de chansons, où on peut notamment entendre, assis dans la pénombre, le Hallelujah de Leonard Cohen par Rufus Wainwright ou Quand les hommes vivront d’amour de Raymond Lévesque.
En six temps
L’exposition est divisée en six zones distinctes, dont la zone Hymnes. On commence avec l’époque yé-yé et la naissance du star-système (L’insolence de la jeunesse); puis, avec Rêver de mondes différents, on se plonge dans la chanson engagée au Québec, avec des extraits de chansons indépendantistes et de reportages des années 1970 (on y voit entre autres un jeune Serge Fiori affirmer: «On n’est pas la relève, on est quelque chose qui est là, on n’est pas en train de relever quelque chose qui est mort…» ou Marie-Claire Blais lancer: «La musique, c’est un moyen de dire ce qui est important pour nous de dire…»
Chants des braves met en lumière les luttes sociales des Premières Nations – on y trouve entre autres un tambour appartenant au rappeur algonquin Samian –, alors que Vivre sa fantaisie présente des costumes de scène célèbres de divers artistes, au son de leurs musiques. En fin de parcours, Les pas de géant donnera des frissons à plusieurs, qui se replongeront dans les grands moments musicaux du Québec.
D’hier à aujourd’hui
La rencontre entre Oliver Jones et Oscar Peterson, le fameux spectacle de la Fête nationale 1 fois 5 sur le mont Royal, Ginette Reno et Céline Dion sur les plaines d’Abraham, mais aussi des événements plus récents et non moins marquants comme le concert d’Arcade Fire sur la place des Festivals ou celui réunissant Alexandre Désilets, Gatineau, Karkwa et Malajube aux 20 ans des Francofolies… Autant d’événements soulignés dans l’exposition, qui rejoindra donc autant les gens de l’époque de la Révolution tranquille que les jeunes fans de musique d’aujourd’hui.
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Variété d’artistes
Femmes (Kate & Anna McGarrigle, Céline Dion, Ariane Moffatt…), hommes (Damien Robitaille, Les Charbonniers de l’enfer, Robert Charlebois, Richard Desjardins…), anglophones (Leonard Cohen, Patrick Watson, Martha Wainwright…), francophones (Mes Aïeux, Jean-Pierre Ferland, Pierre Lapointe…), des années 1960 à aujourd’hui, ils sont près d’une centaine à être représentés d’une façon ou d’une autre dans l’exposition… Musique incluse!
Musique – Le Québec de Charlebois à Arcade Fire
Au Musée McCord
Du 30 mai au 13 octobre



