Critiques CD: Queen Ka, Jill Barber, Dear Criminals…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Queen Ka, Jill Barber, The Great Novel, Cindy Bédard, Dear Criminals et Linkin Park.
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Douce poésie Queen Ka Dépareillés Note: |
Sur le EP Dépareillés, la slammeuse Queen Ka (Elkahna Talbi) berce les auditeurs avec ses poèmes parlés portés par sa voix douce et apaisante. Même si le EP est tout petit – il ne contient que quatre pièces –, son intérêt est grand. C’est que les mots de la Reine s’arriment à des mélodies vaporeuses qui créent un cocon, composées et interprétées par des artistes qu’elle admire et dont on perçoit la signature. On y retrouve avec plaisir Marie-Jo Thério (J’arrive), Jorane (L’éveil), Yann Perreau (Tabarka) et DJ Champion (La chute). Des pièces et des poèmes dépareillés, oui, mais dans un univers qui se tient. On écoute, on réécoute, on trouve ça d’une exceptionnelle beauté.
– Andréanne Chevalier
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Romantique Jill Barber Fool’s Gold Note: |
Quand on écoute un album de Jill Barber, on a souvent l’impression d’être dans un univers un peu suranné, une époque passée et romantique. C’était le cas sur ses Chansons en français, et on retrouve cet esprit rétro-chic sur Fool’s Gold, la dernière offrande de la Canadienne. Les rythmes entraînants de la pièce d’ouverture Broken For Good font place aux ballades teintées de mélancolie The Least That She Deserves, Let’s Call It Love, The Careless One, que Barber interprète d’une voix enveloppante qui leur sied bien, les habillant avec goût d’instruments qui ont toute la chaleur du live. On pourra d’ailleurs voir la chanteuse dans le cadre du Festival de Jazz, au Club Soda samedi à 19h.
– Jessica Émond-Ferrat
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Sur la route The Great Novel Buffalo Trace Note: |
La jeune formation originaire de Tremblant poursuit sur sa lancée country-folk avec ce second EP, mais se détourne un peu du folk et flirte avec le rock. Avec des accords pleins, un banjo et un harmonica festifs, le quatuor reste sur le ton du roadtrip, mais moins sur celui du «contage d’histoires» qu’on trouvait sur Ain’t Too Pretty, son premier album coproduit avec Dany Placard. Un tournant qui vaut le détour, mais qui nous laisse un peu sur notre faim avec ce court et expéditif album. On a hâte d’entendre ce que l’univers de Kerouac a inspiré d’autre aux musiciens, surtout qu’ils planchent en ce moment sur la trame sonore d’une série de reportages radiophoniques sur l’auteur en question produite par ICI Radio-Canada. The Great Novel
– Émilie Bergeron
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Correct Cindy Bédard Fille du vent Note: |
On aurait vraiment aimé être conquis par le premier album de la charmante Cindy Bédard, une chanteuse country originaire de Saint-Tite (eh oui!), mais rien ne nous a particulièrement enthousiasmée. Elle a une jolie voix folk, mais qui ne sort pas de l’ordinaire, et les pièces, souvent des complaintes, manquent d’éclat. Un album somme toute bien réalisé, mais qui nous a laissée sur notre faim sur le plan des sonorités qui sont trop conformistes. Mention tout de même honorable pour J’fais ma luck, une chouette pièce rythmée sur laquelle elle est accompagnée du monument du country québécois Paul Daraîche.
– Rachelle Mc Duff
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Déconstruction Dear Criminals Woman Note: |
Portant leur projet parallèle, les trois criminels chéris nous offrent un troisième EP en moins d’un an. Six reprises de succès de différentes décennies sont ici rassemblées. Mais lorsque Dear Criminals leur enlève leur saveur bonbon pour ne garder que les paroles, leur nature sulfureuse, lascive, mais malsaine, est mise en évidence. Relations abusives, viol et soumission de la femme: tout ce qui était un peu voilé par un enrobage pop sucré nous saute au visage. Si le concept de Woman nous plaît, il faut avouer que l’album est plus difficile à écouter que les offrandes précédentes, car les arrangements électros et la guitare sont encore plus minimalistes (si ça se peut).
– Josie Desmarais
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Égarement Linkin Park The Hunting Party Note: |
Quand on annonce un retour aux sources, il faudrait au moins se souvenir du chemin pour s’y rendre. Sur The Hunting Party, Linkin Park tente malhabilement de revenir à ses origines, au son plus violent qui l’a fait connaître au début des années 2000. Ce sixième album laisse plutôt l’impression que les Californiens ont, pour composer chaque pièce, planté un doigt à l’aveugle sur leur globe terrestre de la planète rock. Destinations? Chansons 1 et 5: pseudopunk trash. Chansons 6 et 7: électrorock typique. Chanson 8: métal fade. Chanson 12: hardcore générique. Malgré une bonne production, l’opus n’est guère plus qu’un enchevêtrement sans âme, sans direction, sans intérêt.
-Maxime Huard





