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The Giver avec Jeff Bridges: passer au suivant

Photo: Les films Séville

Jeff Bridges fait découvrir le roman The Giver (Le passeur) à une nouvelle génération grâce au 7e art.

The Giver (Le passeur), roman à succès de Lois Lowry paru en 1993, a plusieurs admirateurs inconditionnels, mais aucun n’est peut-être aussi inconditionnel que Jeff Bridges – oui oui, pour vrai. Voilà 18 ans que le lauréat d’un Oscar essaie de faire voir le jour à une version cinématographique du livre – qui se déroule dans une société du futur dans laquelle les émotions et les souvenirs sont contrôlés afin de maintenir la paix. Bridges voit enfin son souhait se concrétiser.

Vous êtes impliqué dans ce film depuis un bon moment. Diriez-vous que c’est un projet plus personnel pour vous que d’autres auxquels vous avez travaillé récemment?
Je pense que oui. Ça fait 18 ans que je suis impliqué dans le projet. À l’origine, j’espérais diriger mon père, Lloyd Bridges, dans le film. Il se trouve d’ailleurs que nous avons un extrait sur vidéo quelque part. Nous avons lu le roman au complet, avec mon père dans le rôle du Passeur. Dylan, le fils de mon frère, jouait Jonas, un autre de ses fils tournait, mon ami Bud Cort faisait la narration, et on a ça quelque part. Espérons remettre la main dessus à temps pour le DVD!

Quelle a été la cause principale du délai?
Le défi que représentait la création de ce monde, entre autres. Et il y a aussi un certain élément de danger dans le livre. Je croyais que ça serait beaucoup plus facile à faire que ça ne l’a été. Je veux dire, 12 millions de copies vendues dans 21 pays, un prix Newbury, un livre utilisé dans les écoles… Mais il est aussi sur la liste des livres bannis par le gouvernement, alors il est plutôt controversé. Plusieurs personnes avaient l’impression que c’était trop risqué pour les jeunes – le livre explore des thématiques sexuelles, il y a un peu de violence – mais rien de terrible en comparaison d’autres films qu’on voit aujourd’hui. Et puis, on a le sujet de l’euthanasie, des trucs du genre, ce qui a fait en sorte que les instances de financement se sont demandé à savoir si ce serait accepté ou non. Mais après, des films comme Hunger Games – dont le livre, si je comprends bien, a été inspiré par The Giver – ont aidé par leur succès à faire en sorte que notre film se fasse.

Pensez-vous souvent à vos vieux films?
Je me sens tellement chanceux d’avoir fait partie de ces films qui ont été bien reçus, mais qui ont aussi été créés par de grands artistes – réalisateurs, acteurs. Mon père, Lloyd Bridges, a joué un plongeur sous-marin dans Sea Hunt, une série à succès dans les années 1960, et il jouait tellement bien son rôle que les gens croyaient qu’il était réellement plongeur. Résultat : il s’est fait offrir beaucoup d’autres rôles de plongeur, vous voyez? Et j’ai vu la frustration que ça lui causait, parce qu’il était aussi un chanteur, un humoriste, un acteur shakespearien, mais les gens voulaient le caser dans une catégorie. C’est pour ça que je me suis dit que c’était important pour moi de ne pas développer un personnage trop caractéristique, mais plutôt de choisir des rôles très différents les uns des autres pour créer la confusion chez le public à mon sujet, mais aussi pour montrer aux cinéastes et aux producteurs tout ce que je peux faire. Alors, je me suis fait offrir plusieurs types de scénarios. Et je crois que ça a permis à des films différents de voir le jour.

Depuis que vous avez gagné votre Oscar, avez-vous l’impression d’être catégorisé «acteur sérieux»?
Disons que, maintenant, j’improvise et je fais ce qui me plaît. Je ne m’en fais plus trop à propos de ma carrière. Je joue, c’est tout. J’essaie de résister à la tentation de m’engager dans quoi que ce soit, parce que je sais ce que ça demande. Et ç’a toujours été dans mon plan de match, la résistance. De cette façon, on finit par choisir les projets auxquels on ne peut tout simplement pas résister parce qu’ils sont trop chouettes, et je pense que ça m’a plutôt bien réussi jusqu’ici.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=iJNNugNe0Wo&w=640&h=360]
The Giver
En salle dès vendredi

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