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L’aventure de Mommy finit en beauté aux Jutra

Photo: Graham Hughes/La Presse Canadienne

Le duo d’animateurs formé de Stéphane Bellavance et de Pénélope McQuade l’a souligné pendant la cérémonie: les Jutra avaient hier deux choses que les Oscars de cette année n’avaient pas eu. «Du rythme. Et Xavier Dolan.»

C’est Antoine Bertrand qui a donné son nom à l’événement en montant sur scène pour remettre le prix ultime, soit celui du Meilleur film. «Bienvenue à la soirée des Prix Mommy!» a lancé l’acteur. Car c’était effectivement LA soirée du cinquième film de Xavier Dolan.

Une soirée qui s’est par ailleurs ouverte sur des témoignages. D’artistes de tous les horizons. Sylvie Moreau a dit son admiration pour Miraculum. Le hockeyeur Pierre-Alexandre Parenteau a conseillé à tous les sportifs, et aux autres, de courir voir La petite reine. Mélissa Désormeaux-Poulin a exprimé son amour pour Ceci n’est pas un polar. Elisapie Isaac a salué la présence autochtone dans le cinéma cette année, marquée entre autres par Maïna.

Après ces bons mots, le premier prix-Mommy de la soirée a été remis à Suzanne Clément, qui a sorti sa feuille de remerciements. En fait, ses deux feuilles. «J’ai deux versions, je vais prendre la courte!», a lancé la meilleure actrice de soutien avant d’envoyer tout plein d’amour à Xavier. «Merci d’avoir été patient, merci d’être exigeant. D’être attentionné.»

Le patient, exigeant et attentionné cinéaste a du reste été couvert d’attentions hier. Il a notamment été récompensé pour le meilleur scénario et a profité de l’occasion pour saluer son père («J’ai beaucoup d’admiration pour lui») et cette «source d’inspiration unique» qu’est sa mère («Maman, je sais qu’on ne s’appelle pas aussi souvent que tu le souhaiterais, mais tu es omniprésente dans ma création.») Le jeune homme a aussi remporté le trophée du Meilleur montage. («Je ne l’attendais pas forcément. Ce n’est pas ma première vocation. J’ai beaucoup d’admiration pour ce métier.»)

«C’est un honneur incommensurable d’avoir un Jutra pour un film qui parle de Claude Jutra!», Marie Josée St-Pierre, gagnante du Meilleur court ou moyen métrage d’animation pour Jutra

Du côté de ses collaborateurs couronnés, une Anne Dorval incroyablement émue a remercié le cinéaste, avant de dédier son Jutra de la Meilleure actrice à ses enfants. Antoine Olivier Pilon, meilleur acteur, a quant à lui salué son entourage, qui l’aide à garder les pieds sur terre. Le directeur photo André Turpin s’est pour sa part porté à la défense du cinéma québécois, «primé partout dans le monde, mais très peu vu ici», et la productrice Nancy Grant a exprimé sa gratitude de «partager la vie et l’art» de Xavier Dolan en allant recevoir le prix du Meilleur film de l’année. «Que ferais-je sans toi?» s’est-elle demandé avant que le grand gagnant ne prenne le micro pour citer… le directeur de Poudlard, Dumbledore. «Vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres. Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière.»

Sinon, dans les autres films récompensés, notons que le Jutra de la Meilleure musique originale a été remis à Rémy Nadeau-Aubin et Christophe Lamarche-Ledoux pour la bande sonore de Tu dors Nicole. «Wa Wa Wi Wah! s’est exclamé Christophe. C’est capoté. Merci beaucoup à Stéphane [Lafleur] de nous avoir mis dans une situation où on ne pouvait que s’illustrer!»

Tout aussi extatique, François Jaros l’a emporté dans la catégorie Meilleur court ou moyen métrage de fiction pour Toutes des connes. «Merci, merci, merci! Bravo à tous les autres films!» a-t-il lancé, avant de nommer les autres œuvres qui étaient en compétition avec lui.
Le documentariste Serge Giguère a quant à lui récupéré la statuette pour Le mystère McPherson, et le dramaturge Michel-Marc Bouchard est allé quérir le prix du Meilleur acteur de soutien au nom de Pierre-Yves Cardinal, qui, dans une lettre qu’il a lue, le remerciait, lui. «C’est vraiment schizophrénique ce que je suis en train de faire!» a lancé l’auteur de Tom à la ferme.

Pour ce qui est des présentateurs, le duo composé de Jean-Carl Boucher et d’Antoine Olivier Pilon était particulièrement rigolo. Les deux jeunes acteurs y sont allés de quelques gags bien sentis et d’un clin d’œil au Enemy de Denis Villeneuve. «Denis man, l’araignée, c’était fucked up

Du côté de l’animation, Stéphane Bellavance et Pénélope McQuade ont notamment lancé une série de répliques marrantes, appuyées par des extraits de films. Comme lorsque Bellavance a commenté la beauté de Laurence Leboeuf, suivi d’un passage où Benoit McGinnis dit : «J’passe des heures à regarder tes photos sur Facebook», ou qu’il a dit allô aux critiques, suivi d’un extrait où Guylaine Tremblay hurle : «Allez tous chier gang de criss de consanguins!»

Le maître et la maîtresse de cérémonie ont également revêtu leurs plus beaux habits d’hiver pour introduire le superbe hommage rendu à André Melançon. Que des mots originaux et sincères adressés au père de La guerre des tuques, tandis que Michel Rivard chantait doucement à l’arrière. Comme ceux de Marcel Sabourin, qui a lancé: «André, t’es un grand tabernak, et dans le tabernacle, si on l’ouvre, on trouve un cœur de géant!» Ou Guylaine Trembay, qui a souligné:  «J’ai toujours dit que rencontrer André Melançon au moins une fois dans sa vie, ça devrait être obligatoire.»

«Quand j’ai tourné pour toi, André, par tes yeux, je me suis sentie belle. Pas cute. Belle», Guylaine Tremblay, durant l’hommage à André Melançon

«J’ai toujours considéré mon métier comme un immense privilège», André Melançon

Les héros du célèbre Conte pour tous, Luc et Sophie, ont également fait leur apparition, et il y a même eu une gigantesque bataille de «boules de neige», qui a explosé dans la salle, parce que «la guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal». Touché aux larmes, le cinéaste septuagénaire originaire de Rouyn a livré un discours inspiré, qui s’est conclu sur des mots pleins de sagesse. «Permettez, jeunes hommes et jeunes femmes, à un vieux qui n’est pas encore tout à fait sage de vous soumettre quelques modestes recommandations – étonnez-nous, bousculez-nous, faites-nous rêver, c’est essentiel. Proposez-nous des façons nouvelles de voir le monde. Longue vie à la culture québécoise, longue vie au cinéma québécois et longue vie à la Cinémathèque québécoise!»

Les gagnants
• Meilleur film: Mommy (Xavier Dolan)
• Meilleur acteur: Antoine Olivier Pilon (Mommy)
• Meilleure actrice: Anne Dorval (Mommy)
• Meilleur acteur de soutien: Pierre-Yves Cardinal (Tom à la ferme)
• Meilleure actrice de soutien: Suzanne Clément (Mommy)
• Meilleure réalisation: Xavier Dolan (Mommy)
• Meilleur scénario: Mommy (Xavier Dolan)
• Meilleur long métrage documentaire: Le mystère MacPherson (Serge Giguère)
• Meilleure direction de la photographie: Mommy (André Turpin)
• Meilleure direction artistique: 1987 (Patrice Vermette)
• Meilleur son: Tu dors Nicole (Sylvain Bellemare, Pierre Bertrand et Bernard Gariépy Strobl)
• Meilleur montage: Mommy (Xavier Dolan)
• Meilleure musique originale: Tu dors Nicole (Rémy Nadeau-Aubin et Christophe Lamarche-Ledoux de Organ Mood)
• Meilleurs costumes: 1987 (Valérie Lévesque)
• Meilleur maquillage: Henri Henri (Lizane Lasalle)
• Meilleure coiffure: 1987 (Daniel Jacob)
• Meilleur court ou moyen métrage de fiction: Toutes des connes (François Jaros)
• Meilleur court ou moyen métrage d’animation: Jutra (Marie-Josée Saint-Pierre)
• Film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec: Mommy (Xavier Dolan)
• Jutra Billet d’or: Mommy

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