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Valérie Chevalier: Amour et gourmandises

Photo: Andreanne Gauthier/Collaboration spéciale

Valérie Chevalier est actrice pour la télé et le ciné, chroniqueuse à Salut, Bonjour! et animatrice des réseaux sociaux à La Voix. Waouh. Elle peut désormais ajouter «romancière» à la liste. Son premier livre, Tu peux toujours courir, est rigolo, pétillant et girly. Comme sa couverture. Et son auteure.

Maud croit à l’amour, Alice, ouainnonbof, plus ou moins. Maud est entraîneuse de gym et debout aux aurores, Alice est chanteuse et oiseau de nuit. Ce qui ne les empêche pas d’être meilleures amies et de partager plein de choses, comme la passion des brunchs, les lendemains de veille passés en pyj dans leur divan et les histoires de cœur compliquées. «C’est ce qui fait la richesse d’une amitié : avoir assez de points communs pour que ça clique, et assez de différences pour pouvoir se challenger! lance Valérie Chevalier au sujet de ses héroïnes. Et puis, deux personnages pareils, c’est plate de toute façon!» Vrai.

Maud et Alice évoluent beaucoup au fil du roman. Alice est l’anti-romantique par excellence qui devient chanteuse dans des mariages et finit par être chaque fois touchée par l’amour et l’ambiance qui y règnent. Le thème de l’engagement de nos jours, vous trouviez intéressant de l’explorer?
Oui! Ça revient à la mode! Autour de moi, il y a non seulement un baby-boom, mais aussi une recrudescence de mariages. Dans les dernières années, j’ai assisté à plusieurs cérémonies. Les gens veulent s’engager, veulent que ça dure. Chacun le fait pour ses raisons. Je suis athée dans la vie, mais je trouve l’engagement beau. Et je trouvais ça le fun aussi de montrer le contraste entre cette fille désabusée par l’amour qui va chanter dans des mariages et se faire prendre à son propre jeu!

D’ailleurs, quand son grand-père la taquine à ce sujet, en lui disant que «tomber amoureuse dans un mariage, ça a quelque chose de romantique», elle se défend : «Mais je ne suis PAS romantique!».
Oui! (Rires) Pour Alice, être romantique, c’est être faible. Elle fait tout pour ne pas l’être, même si elle l’est quand même un peu! Moi, je m’assume pleinement, j’aime la chicklit, les petits pots, le linge. Mais j’ai des amies pour qui l’idée d’être fifille, c’est péjoratif. Tout est une question de vision.

Vous dites aimer la chicklit. Vous classez votre livre dans cette catégorie?
Tout à fait! Et sans honte! (Rires) C’est sûr que c’est plus glamour de lire des trucs instructifs et historiques, mais je suis tellement occupée que, quand j’ouvre un livre, il faut que j’aie le goût de tourner les pages. India Desjardins, Sophie Kinsella, Rafaële Germain… Elles m’ont fait découvrir la littérature. Mon but, à moi, c’était de raconter une histoire sympathique et sans prétention. Si ce but est atteint, je n’ai pas besoin d’avoir un Prix Pulitzer! (Rires) C’est comme les films : évidemment que The Piano et Shawshank Redemption sont de grandes œuvres. Mais parfois, on a envie d’une comédie romantique. On sait comment ça va finir, mais ça fait la job! (Rires)

«La vie avec la musique, c’est tellement mieux! Ça nous aide à mettre un peu de couleur sur le silence! Et ça fait du bien!» – Valérie Chevalier, au sujet de la «trame sonore» de son roman, qui compte, entre autres, Ariane Moffatt, War on Drugs, Bob Dylan, les Spice Girls, Muse, Dalida, Julie Masse et Cookie Dingler.

Vous saluez d’ailleurs certains classiques de la comédie romantique, dont When Harry Met Sally et 10 choses que je déteste de toi (rappelant également la performance de Heath Ledger dans Chevalier).
Je suis une fan de cinéma, de musique, de télé, de bouffe! Tout ça se reflète dans le livre parce que je trouve ça le fun de faire un clin d’œil aux vraies œuvres. Dans cette histoire, tout est vrai : ça se passe dans des lieux qui existent à Montréal, des vraies rues, avec des références à des films que les gens ont vraiment vus!

Parlant de vrais endroits, on visite plusieurs restos en compagnie de vos héroïnes : le Rockaberry, «lieu réconfortant par excellence», Le Filet, Le Cartet, le Pain Perdu, Le Gros Luxe (et ses Bloody Caesar), Au Noir… Une façon pour vous de rendre hommage à ces institutions, qu’on imagine que vous fréquentez avec plaisir?
Oui, mais j’ai essayé de ne pas juste donner mes adresses! (Rires) Comme le Rockaberry, ce n’est pas une place où je me tiens particulièrement. Mais je suis une épicurienne dans la vie, j’adoooore manger, j’adoooore cuisiner, j’adoooore aller au resto. Souvent, la chicklit se déroule dans les bars, les clubs, avec de l’alcool. Évidemment, il y en a dans mon histoire, mais je trouvais ça intéressant de découvrir autre chose que «boire pour oublier». Tu n’es pas obligé d’enfiler 17 gin-tonics pour vivre une peine d’amour! Moi, je peux très bien le faire en mangeant un osso buco ou un tartare! (Rires)

La gastronomie occupe une grande place chez vous. Les filles suivent des cours de cuisine italienne, Alice prépare un saumon laqué à l’érable et au gingembre à son grand-père, qui en retour, lui cuisine son fameux spaghetti aux boulettes. Trouviez-vous que ça ajoutait un côté réconfortant au livre?
Un peu. Et sans les calories, en plus! (Rires) J’ai toujours trouvé les repas rassembleurs. Chez nous, quand j’étais petite, la télé n’était jamais ouverte pendant le souper. On racontait notre journée et on mangeait tous ensemble. Ma mère, c’est une grande cuisinière qui m’a appris à prendre le temps de choisir les aliments, d’essayer des recettes. C’est une belle inspiration! C’est un peu des valeurs d’antan à la limite, cuisiner pour la famille et les amis. Mais je trouve ça important de se réunir pour partager. Et en plus, c’est tellement bon! (Rires)

Au fil du récit, on voyage un peu, à Saint-Sauveur, à Tremblant, mais aussi à Montréal : dans le Mile-End, le Vieux-Port, Verdun… Vous insérez aussi des éléments très «montréalais» : le 33 Tours, les centres commerciaux de la rue Sainte-Catherine… Vous aimez votre ville, non?
Vraiment! Je suis une GRANDE fan de Montréal! Pour avoir voyagé à Paris et à New York, que j’aime beaucoup aussi, je trouve qu’on est vraiment chanceux d’avoir autant de variété gastronomique et culturelle. Tant qu’à inventer une fausse ville, je trouvais intéressant de mettre en valeur celle dans laquelle je me sens bien!

Vous ponctuez votre écriture de messages Facebook, de textos, de listes, de définitions de mots inventés, comme «shopinner», de petites notes manuscrites…
J’ai toujours aimé les jeux entre le fond et la forme! C’est mon premier livre, mais j’écris tous les jours à des amis. On est loin de la correspondance de l’époque, par la poste, mais on s’écrit des textos, des messages… Ces jeux sont importants pour moi. Avoir juste des dialogues «en vrai», ça n’aurait pas représenté ma réalité d’échange et de communication.

Autre chose qui ponctue votre récit : les saisons. On passe de la sloche, aux bancs de neige éternels, à mai et à son avant-goût d’été…
Ah, les bancs de neige! (Rires) En fait, j’avais vraiment envie d’écrire une tranche de vie de ces deux filles-là et je trouvais ça intéressant que ça se passe sur plusieurs mois. Ce n’est pas toujours excitant la vie! Il y a des moments un peu plus plates. Ce n’est pas toujours rose. Mais ça peut bien finir aussi! Comme pour Alice! (Rires)

Art Livre Valérie Chevalier_C100Tu peux toujours courir
Éditions Hurtubise
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