Culture

An Open Secret: le visage sombre de Hollywood

«Voici le film que Hollywood ne veut pas que vous voyiez.» C’est sur ces mots que s’ouvre le documentaire An Open Secret, de l’Américaine Amy Berg. Présenté hier au Marché du film de Cannes, ce long métrage troublant donne une voix à cinq jeunes hommes qui rêvaient, petits, de devenir acteurs, chanteurs, stars. Des enfants aux grands espoirs, abusés par des agents jouissant d’une inébranlable impunité à L.A. «Ce que nous montrons, ce n’est que la pointe de l’iceberg», a noté le producteur du film, Gabe Hoffman, après la projection.

Une projection qui, cette fois, s’est tenue tel que prévu. Car le producteur a également raconté que An Open Secret avait été accepté par trois grands festivals sur la scène mondiale… seulement pour être «soudain rayé de la programmation» trois semaines après le «go».

À ses côtés, le jeune Evan Henzi a pris le micro pour dire l’importance de parler des abus, si on en subit. Dans le film, cet aspirant chanteur raconte lui-même les agressions répétées de son manager. «Ça a commencé quand j’avais 12 ans. Et je ne l’ai dénoncé qu’à 18. Ça a ruiné ma jeunesse, a-t-il confié. Malheureusement, ceux qui subissent des agressions sexuelles ne savent pas toujours comment en parler. Ils ont peur que les gens doutent d’eux.»

L’ancien plongeur olympique Greg Louganis, qui agit à titre de porte-parole du documentaire, a rappelé quant à lui que ce n’est pas juste dans le domaine artistique que ce type de situation se produit à répétition, mais aussi dans le sport. «Les parents doivent garder les yeux ouverts quand ils envoient leur enfant poursuivre un rêve hollywoodien ou olympique. Soyez alertes! Posez des questions! Soyez forts!»

Si le producteur Gabe Hoffman a tant cru à ce projet et s’y est tant investi, c’est parce qu’il est persuadé que «les documentaires ont le pouvoir de changer le monde». «Ce qui est le plus important avec ce film, selon moi, c’est que des personnes ayant été victimes d’abus puissent parler pour toutes ces autres qui ne peuvent pas le faire.»

Notons que l’équipe du documentaire prévoit remettre tous les profits à des organismes venant en aide aux personnes victimes d’agressions sexuelles.