Le mystère Star Wars
Les bandes-annonces, les aguiches (teasers), les pubs sont partout depuis des mois. Pourtant, que sait-on de l’histoire de The Force Awakens, le nouveau volet de Star Wars? Pas grand-chose.
L’action commence 30 ans après la conclusion de la trilogie originale (y a-t-il une autre trilogie?). Il y a des bons, des méchants et un nouveau droïde mignon. Les légendes de la série – Han Solo, Princesse Leia, Chewbacca, Luke Skywalker (étonnamment absent du matériel promotionnel) – sont présentes. Il y a aussi la relève avec Rey (Daisy Ridley) et Finn (John Boyega) ainsi que Kylo Ren (Adam Driver) et Captain Phasma (Gwendoline Christie), du côté obscur.
C’est à peu près tout. Le réalisateur J.J. Abrams voulait absolument garder le secret sur son nouveau film, espérant recréer l’expérience cinématographique surprenante que les gens ont vécue en allant voir, sans attentes particulières, un petit film de science-fiction en 1977.
Cette obsession du mystère a pu être observée jusque dans les bureaux de Disney Canada. «Ce film n’avait pas vraiment besoin de département de marketing. Sa sortie se serait très bien passée sans nous, a reconnu Greg Mason, vice-président du marketing de la branche canadienne des studios Disney, en entrevue avec Métro. Nous sommes plutôt devenus un département de rétention d’informations confidentielles.»
«Il fallait essayer de gérer le secret, le mystère, a-t-il expliqué. Nous devions être très prudents quand nous lancions de nouvelles bandes-annonces, de nouvelles pubs télé. Nous communiquions entre nous par téléphone et non par courriels. Nous avions des noms de code pour certaines choses, nous nous échangions des documents en main propre.»
La consigne de la discrétion a été émise à l’échelle mondiale, pas seulement au Canada. Disney a fait fi des conventions, ne présentant notamment pas le film aux journalistes avant que ces derniers ne rencontrent les membres de la distribution.
De plus, aucune copie n’a été envoyée aux voteurs en prévision des nombreux honneurs remis dans le monde du cinéma (les Oscars, la Guilde des scénaristes, etc.), comme le veut la tradition.
«C’est le seul film où tu peux t’en sortir côté marketing en n’en montrant que très peu.» –Greg Mason, vice-président marketing de la branche canadienne des studios Disney
Attitude digne du Kremlin
La même attention au détail a été exigée des acteurs. Anthony Daniels, qui incarne C-3PO depuis les débuts de la franchise, s’est d’ailleurs dit agacé par l’omertà entourant la sortie de l’épisode VII. Dans un entretien avec The Guardian, il a qualifié cette culture du secret de ridicule et a comparé l’attitude de Disney à celle du Kremlin.
Comme quoi, pour ne pas gâcher une sortie si importante, il faut parfois froisser le plus inoffensif des robots.
Heure et date secrètes au Québec
Les journalistes qui feront la critique de Star Wars: The Force Awakens au Québec (comme partout dans le monde) seront aussi tenus au secret.
Aucun texte ne pourra être publié avant le 17 décembre, une journée avant la sortie officielle du film.
Plus intéressant encore, il est interdit de divulguer la date et l’heure de la projection de presse. Cette consigne a peut-être été donnée pour éviter que des hordes de fans envahissent les cinémas où ces projections auront lieu. Avec Star Wars, on ne sait jamais.
La chasse à l’Avatar
Star Wars: The Force Awakens peut-il devenir le film le plus lucratif de tous les temps?
Avatar, sorti en 2009, détient toujours le titre, avec des recettes mondiales de 2,8G$, selon Box Office Mojo. Titanic (2,2G$) et Jurassic World (1,7G$) complètent le top 3. The Force Awakens semble est sur la bonne voie en battant des records en pré-vente de billets.
Star Wars: The Force Awakens
En salle vendredi