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Le réalisateur de «Bully» dit merci au Canada

Cassandra Szklarski - La Presse Canadienne

TORONTO – Le réalisateur de «Bully» («Intimidation»), Lee Hirsch, croit que le classement attribué à son documentaire au Canada permettra à son film controversé d’être vu davantage aux États-Unis.

Hirsch apprécie le classement «PG» donné à son film par certaines provinces. Un tel classement permet à tous d’aller voir le documentaire, bien que la surveillance parentale soit recommandée. Au Québec, «Bully» a obtenu le classement «G», de sorte que tous seront admis aux projections.

Aux États-Unis, la Motion Picture Association of America (MPAA) a donné au film un classement «R», ce qui oblige les moins de 17 ans à être accompagnés d’un parent.

Les distributeurs américains ont finalement choisi de présenter «Bully» sans y apposer la cote du MPAA. Ce sont donc les propriétaires de cinémas qui doivent décider s’ils souhaitent ou non présenter le film.

Le fait que le Canada ait jugé que le film convenait à un public de tous âges lance un important message, selon Hirsch, et encourage les propriétaires de cinémas américains à présenter le documentaire.

La controverse entourant «Bully» tourne en fait autour de l’utilisation d’une poignée de jurons, qui mène automatiquement à des restrictions concernant l’âge, selon les règles de la MPAA.

«En tournant le film, jamais je n’avais pensé qu’il serait classé « R », confie Hirsch. C’est comme un coup de poing au ventre d’obtenir ce « R » et de réaliser qu’il y a tellement de films violents qui obtiennent un classement PG ou PG-13 et qui sont glorifiés.»

«Bully» s’est intéressé à cinq jeunes Américains qui souffrent ou ont souffert d’intimidation et à l’échec des parents, des enseignants et des dirigeants scolaires pour l’enrayer.

Les caméras suivent notamment Alex, un jeune de 12 ans de Sioux City, dans l’Iowa, qui, de son propre aveu, a de la difficulté à se faire des amis. On le voit commencer sa septième année et endurer des moqueries et du harcèlement dès le premier jour d’école. C’est dans l’autobus scolaire qu’il reçoit les menaces les plus sérieuses.

Le film montre également Ja’Meya Jackson, une adolescente de 14 ans qui a brandi une arme dans un autobus scolaire bondé après avoir été harcelée par ses pairs, de même que Kelby Johnson, une élève du secondaire qui est intimidée tant par des enseignants que par des camarades de classe depuis qu’elle a révélé qu’elle était lesbienne. Deux familles dont un enfant s’est suicidé après avoir subi de l’intimidation sont aussi présentées.

Lee Hirsch croit que son film pourrait faire une différence si ce n’est qu’en ouvrant le dialogue.

«Nous avons vu une conversation s’ouvrir à l’échelle nationale et internationale. Nous avons été un sujet populaire sur Twitter. Les gens réfléchissent à l’intimidation plus que jamais et se demandent s’il existe un problème», raconte le réalisateur.

«Bully» prendra l’affiche le 13 avril au Québec.

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