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Opinion – Si vous ne pouvez livrer vos promesses, faites sans

Je crois qu’il n’y a rien de pire qu’un jeu vidéo qui ne tient pas ses promesses.

En quelque sorte, c’est un lien de confiance qui se brise. Et ça frôle avec la fausse publicité.

Le dernier coupable en lice est Activision Blizzard. En plus d’être plongé dans l’un des pires scandales sexuels de l’histoire récente de l’industrie, une autre tuile tombe sur la tête d’un studio autrefois adulé.

Le producteur Rod Fergusson avait déclaré ceci par rapport à Diablo II: Resurrected en février : « Bien des choses que nous faisons existaient déjà dans le jeu original. Nous nous concentrons à créer une expérience authentique. Vous pourrez encore vous connecter par TCP/IP si vous le désirez! C’était présent dans D2. Ce sera le cas avec D2R ».

Après une phase en accès anticipé sous forme de bêta fermée puis publique, le producteur est revenu sur sa promesse : « La fonctionnalité TCP/IP ne sera pas disponible dans la bêta à venir ni dans le jeu final. Après mûre réflexion, nous n’offrirons plus cette option puisque nous avons identifié certains risques de sécurité potentiels. Nous sommes engagés envers la protection de l’expérience des joueurs ».

De belles phrases pour nous dire que non, ce que nous avons promis n’arrivera pas. Et en plus, vous aurez sans doute à vivre avec une couche de DRM (logiciel de gestion des droits numériques ou GDN). Va pour l’authenticité!

Lire de tels mensonges m’agace au plus haut point.

Je suis conscient qu’en cours de développement, les jeux vidéo changent. Dans certains cas, ils se métamorphosent carrément. Un bon exemple est Final Fantasy XIV, qui avait fait table rase de son horrible première version. Regardez aujourd’hui le résultat : il est en train de détrôner World of Warcraft!

Des promesses rompues, il y en a des tonnes.

Il faut que ça cesse.

Rappelons-nous l’infâme bande-annonce de Killzone 2 au E3 2005 « qui roulait en temps réel sur PlayStation 3 ». Il n’en était rien, malgré ce que l’on tentait de nous faire croire. Quiconque avec une paire de yeux le savait.

Ou encore la promesse d’une liberté totale dans Destiny 2 : « Vous voyez cette montagne? Vous pouvez y aller. Toute la géométrie est réelle, comme le terrain. Si vous pouvez le voir, nous voulons que vous puissiez l’explorer ».

Ces promesses déforment la vision globale d’une production pour gagner quelques points en marketing. Une fois que la machine à hype prend une pause et que le flou s’estompe, on se rend (trop) souvent compte des subterfuges.

Comme je disais, les exemples de supercherie dans l’industrie sont légion… carrément. Comme si les compagnies comptaient sur notre inaction collective pour nous faire gober à peu près n’importe quoi.

Sony a tenté le coup récemment avec Horizon Forbidden West. Je parle ici de la mise à niveau PS5 du jeu, dont le prix était fixé à 10 $. C’était avant un volte-face de la part de l’éditeur en raison d’une mauvaise presse. Ce même éditeur qui avait spécifié par le passé que « Les versions numériques de jeux PS4 offerts au lancement incluent une mise à niveau sur les consoles PS5, tandis que la version physique PS4 de ces jeux inclut une mise à niveau gratuite sur PS5 avec le lecteur de disque Ultra HD Blu-Ray »

Certes, Horizon n’est pas un jeu offert au lancement proprement dit. N’empêche, c’est un peu jouer sur les mots, et on va se le dire : payer pour une mise à niveau, c’est une pratique anticonsommateur. Sujet pour un autre débat.

Mon message à l’industrie est simple : au lieu de nous embobiner avec de belles promesses, livrez des expériences honnêtes, complètes et mémorables. Ainsi, vous n’aurez pas à vous en remettre à des tactiques douteuses pour gagner notre attention.

Un texte de Michael Bertiaux de Jeux.ca

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