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Rolland Bourbonnais, 50 ans au service de l’Hôpital Sainte-Anne

Photo: Lila Maître/ Métro

Depuis 1969, Rolland Bourbonnais prépare des repas pour les patients de l’Hôpital Sainte-Anne. Voilà donc plus de 50 ans qu’il travaille au service alimentaire de l’institution. Rencontre avec un employé rempli de souvenirs.

Dès son plus jeune âge, Rolland Bourbonnais se doutait qu’il finirait par travailler au sein de l’Hôpital Sainte-Anne. Enfant, il s’y rendait souvent en compagnie de son père, qui était à l’époque préposé aux bénéficiaires.

«Il y avait chaque année un pique-nique pour les employés de l’hôpital. Mon père nous y emmenait et on trouvait ça agréable. C’est devenu une affaire de famille.»

L’Hôpital Sainte-Anne en 1970

Car Rolland Bourbonnais n’est pas le seul à avoir suivi les traces paternelles. Ses trois frères ont également joint les rangs de l’hôpital pour y travailler comme préposés aux bénéficiaires ou préposés au service alimentaire.

Rolland Bourbonnais a également rencontré son épouse au sein du service alimentaire, dès le début de sa carrière. Cette dernière s’occupait alors de préparer la nourriture pour les médecins. Plusieurs années plus tard, les deux enfants du couple ont également travaillé pendant quelques années pour l’hôpital.  

Cinquante ans plus tard, Rolland Bourbonnais garde l’amour du métier et le plaisir de l’interaction avec les patients.  
«Ce que j’aime, quand j’en ai la chance, c’est d’apporter les chariots de nourriture sur les étages et de jaser avec les gens. Juste un sourire et ma journée est illuminée.»

Traverser l’histoire

Depuis 1969, Rolland Bourbonnais a vu évoluer l’hôpital et sa population. Lors de son entrée au poste à l’âge de 20 ans, quelque temps après le premier pas sur la lune de Neil Armstrong, le bâtiment était fréquenté par près d’un millier de vétérans.

«J’ai toujours été proche des vétérans. Ils m’impressionnaient, c’était des gens fiers et ça faisait du bien de les côtoyer», évoque-t-il en ajoutant qu’il a fréquenté des vétérans de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée.

D’ailleurs, parmi les souvenirs les plus marquants de Rolland Bourbonnais au sein de l’hôpital, on retrouve la cérémonie annuelle du 11 novembre dans le cadre du jour du Souvenir.

«Ça me touchait réellement de voir les patients avec leurs médailles. Il y avait une parade […] et quand ils jouaient de la cornemuse, on voyait pleurer les vétérans, parce que ça leur rappelait le front.»

Autre épisode marquant de sa vie, Rolland Bourbonnais se souvient d’avoir été arrêté sur le chemin de l’hôpital pendant la crise d’Octobre, en 1970.

«Dans ce temps-là, la police vérifiait toutes les personnes qu’elle rencontrait […]. Ça a marqué le début de ma carrière à l’hôpital.» Rolland Bourbonnais travaille toujours à temps partiel à l’hôpital, deux ou trois jours par semaine. Il prévoit continuer pendant au moins deux ans, soit jusqu’à ses 75 ans.

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