Débats

Les Noirs sont-ils en danger peu importe où ils se trouvent au Québec?

Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, on voit un policier frapper un jeune homme cloué au sol. Photo: Capture d'écran
Vladimir Gelin - journaliste, membre FIJ et association canadienne de journalistes

LETTRE OUVERTE – Ce qui s’est passé la fin de semaine dernière à Québec m’a outré au plus profond de mes entrailles, surtout quand le gouvernement du Québec vient de lancer une série de publicités disant «Au Québec, un groupe de jeunes Noirs rassemblés dans un parc à la tombée de la nuit, on appelle ça: des amis québécois», Really

Quand des flics du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) brutalisent un jeune Noir de 16 ans, vous avez bien entendu: 16 ANS, il faut seulement être un épais sans cœur pour ne pas se sentir concerné par cet événement. Le slogan de la police est censé être «protéger et servir» mais nous constatons depuis quelque temps que c’est plutôt ÉCOEURER ET SÉVIR. Avant de voir la couleur de peau du jeune adolescent voyons d’abord son âge, il n’a que 16 ans, il est mineur et devait de préférence être assisté par le SPVQ.

Le code de déontologie des policiers du Québec édicte dans son article 6 ce qui suit:
«Art. 6: Le policier doit éviter toute forme d’abus d’autorité dans ses rapports avec le public. Notamment, le policier ne doit pas:

  • 1° avoir recours à une force plus grande que celle nécessaire pour accomplir ce qui lui est enjoint ou permis de faire;
  • 2° faire des menaces, de l’intimidation ou du harcèlement;
  • 3° porter sciemment une accusation contre une personne sans justification;
  • 4° abuser de son autorité en vue d’obtenir une déclaration;
  • 5° détenir, aux fins de l’interroger, une personne qui n’est pas en état d’arrestation».

Malheureusement, il y a des frustrés qui ne méritent pas d’être policiers mais qui se sont faufilés entre les mailles du filet et non seulement abusent de leur autorité de frustrés mais salissent en même temps l’image de l’institution. Pour faire cesser ses crimes de policiers, il faut que le syndicat des policiers cesse de couvrir ces «criminels» en uniforme car ici au Québec nous sommes supposés être dans un État de droit et non dans un État totalitaire.

J’ose espérer que notre cher Premier Ministre Legault et la ministre de sécurité publique Guilbault qui disent que «c’est troublant» PUNISSENT ces flics criminels fautifs qui ont fait cela à ce jeune adolescent. Imaginez une seconde si c’était votre enfant, alliez-vous laissez passer cela comme ça? Les policiers de Québec ont agi gratuitement, que notre État de droit puisse les PUNIR de façon exemplaire pour tracer un exemple une fois pour toute. Est-ce que le gouvernement puissent ouvrir ses yeux et constaté qu’il y a du RACISME SYSTÉMIQUE et que le rapport produit en 2019 ne fait que confirmer une vérité qui existe et que personne n’ose endiguer, à savoir que les Autochtones, Arabes et Noirs se font écœurer et profiler par la police. Est-ce que les Noirs sont en danger au Québec par des policiers bandits?

Si on ne veut pas de dérapage à la Georges Floyd (car nos gouvernements réagissent après coup au lieu de faire de vraies préventions en amont), que toutes les couches de la société dénoncent collectivement ces torts faits aux Noirs, principalement à cet adolescent noir de la ville de Québec, que des poursuites conjointes et solidaires contre le SPVQ et ces flics fautifs soient intentés et par-dessus tout qu’il y ait des suspensions sans solde.

Si nous voulons voir et avoir une société juste digne d’un État de droit (selon Montesquieu et Godfredi), crions ENSEMBLE très fort et d’une même voix : LA VIE DES NOIRS COMPTENT ou tout simplement BLACK LIVES MATTER.

Vladimir Gelin, journaliste
Membre FIJ et association canadienne de journalistes

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