Débats

Pour apprendre, il faut se sentir en sécurité

La mort tragique d’une adolescente de 15 ans suite à une fusillade à Saint-Léonard en février dernier avait lancé le débat sur un contrôle accru des armes à feu Photo: Cosmo Santamaria
La Fédération du personnel de soutien scolaire et la Centrale des syndicats du Québec

LETTRE OUVERTE – Les événements violents autour et dans nos établissements scolaires, ces dernières semaines, sont très préoccupants. Nous devrions toutes et tous nous sentir interpellés par ce crescendo de violence, car n’oublions jamais que l’école n’est pas une bulle :elle est le reflet de ce qui se passe ailleurs dans notre société.

La succession d’événements consternants a soulevé beaucoup d’inquiétudes chez les parents, les élèves et le personnel en éducation. Si la violence n’est jamais tolérable, la recrudescence des épisodes a toutefois atteint, ces derniers jours, un niveau qui requiert des interventions concertées dès maintenant.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) lance un appel à toutes les forces de la société québécoise pour faire front commun contre la violence et déployer une action collective : réseau scolaire, milieux publics et privés, réseau communautaire et intervenants politiques. Il faut une dénonciation forte des gestes de violence. Et, surtout, il ne faut plus, en aucun cas, que ces situations se répètent et perdurent en silence. Ce qui se passe actuellement est troublant, et nous avons collectivement la responsabilité de ne pas fermer les yeux.

Alors que nous sortons à peine le nez hors de l’eau de cette pandémie qui a fragilisé bien des pans de nos vies, plus durement encore pour certains, il nous apparaît urgent de nous assurer que nos écoles soient des espaces sécuritaires. Elles doivent être exemptes de toute forme de violence, pour toutes et tous, membres du personnel comme élèves.

L’éducation, c’est le fondement de la Centrale des syndicats du Québec. Et un des principes de base en pédagogie, c’est que, pour apprendre, il faut se sentir en sécurité. C’est inadmissible que des élèves aient peur d’aller à l’école. C’est tout aussi inadmissible que du personnel ait peur d’aller y travailler.

L’école doit être un milieu bienveillant et sécuritaire. Mais, pour différentes raisons, la situation glisse et nous assistons à un crescendo de violence dans nos milieux, sous différentes formes. Il y a déjà un moment que nous sonnons l’alarme sur les problématiques de violence, mais le contexte pandémique a accentué la pression sur des situations déjà chargées dans les milieux.

Personnel enseignant, personnel de soutien scolaire et professionnels, l’ensemble des membres que nous représentons sont aux premières loges de la vie quotidienne dans les établissements scolaires du Québec. Demandez-leur, ils vous diront à quel point la situation s’est dégradée dans les derniers mois! Et il est faux de croire que la situation ne concerne que la région de Montréal. La situation est bouillante à bien des endroits au Québec, et partout les ressources manquent.

La violence, ça se prévient. En éducation, nous tentons toujours de travailler en amont des crises. L’appel que nous lançons aujourd’hui doit être entendu et devenir un moteur d’action collective, pour assurer à nos jeunes un climat exempt de violence, à l’école comme ailleurs, le plus possible.

Pour l’avenir et le Québec que nous voulons, ça doit être une priorité!

Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Jacques Landry, président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), Stéphane Lapointe, président de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)

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