Lucien Bouchard, rédacteur en chef invité
L’ancien premier ministre du Québec était de passage dans les locaux de Métro mercredi soir. Nous lui avons demandé de commenter l’actualité du moment. Voici ses commentaires:
On peut s’attendre à des changements d’attitude, de sensibilité, de compréhension à l’égard de ce que vit le monde. À un rapprochement avec la population. Cependant, il y a des changements auxquels il serait illusoir de s’attendre : l’ordination des femmes, le mariage des prêtres… Des questions plus dogmatiques. Pour le nouveau pape, ce sera un grand défi. Certains souhaitent que des changements interviennent , mais d’autres n’ont pas la même ouverture quant à ces questions.
Là où ce sera plus difficile de se cantonner dans l’immobilisme, c’est du côté de la contraception. Compte tenu des problèmes vécus notamment en Afrique, la question prend des allures morales. Le sida menace des populations de quasi-extinction. C’est peut-être un cas où la morale s’oppose au dogme.
J’ai toujours aimé le baseball. J’allais voir jouer les Expos et j’ai regretté leur départ. Quand j’étais premier ministre, j’ai convaincu mon gouvernement de faire un effort pour les garder chez nous. Il fallait un nouveau stade à ciel ouvert au centre-ville. Un grave obstacle : il fallait 200 M$. Finalement, mon gouvernement a offert de financer un prêt qui permettrait de construire le stade jugé nécessaire. On nous avait convaincus que les amateurs de baseball voulaient rester au centre-ville, si bien que nous avons offert de payer les intérêts encourus sur ce prêt de 200 M$ aussi longtemps que les Expos resteraient à Montréal. Malheureusement, ça n’a pas marché. J’en suis vraiment désolé. Espérons que l’étude qu’on nous annonce permettra de définir un projet réalisable.
Ce voyage est manifestement un moment clé de la politique étrangère du président Obama. Il arrive en terrain miné de toute part; trop de sang versé de part et d’autre; des émotions à vif. Dans un contexte où les questions à régler sont d’une complexité inextricable. Ajoutons à cela l’engagement soutenu des Américains envers Israël et la nécessité de gérer des relations d’une importance critique avec le Moyen-Orient et le monde musulman en général. Que peut-on espérer de ce voyage? Au maximum, peut-être quelques pas en avant et probablement l’apparition de quelques points de convergence.
Je vais essayer d’aller voir ce show. J’imagine que ça nous rappelera les beaux soirs du Moulin Rouge et des Folies Bergère. Qu’y a-t-il de plus enlevant que ces filles délurées, qui bougent sans inhibition, qui ont beaucoup de plaisir à le faire, avec les plumes de toutes les couleurs qui revolent et ces déhabillés pudiques? Peut-être nous fera-t-on revivre le Montréal d’antan? Ça pourrait aussi nous rappeler les fantaisies de Lili St-Cyr, cette déesse qui prenait un bain de mousse (certains trouvaient qu’il y en avait trop) tous les soirs sur la scène, au grand ravissement de ses admirateurs. Qu’on le veuille ou non, il y a plein de santé là-dedans!
Je suis revenu au hockey. Je le dois à un de mes fils, qui est un passionné du Canadien. Je me réjouis comme tous du succès de notre équipe. Je m’intéresse aux joueurs. Le cas de David Desharnais en particulier m’intéresse. Il vit sûrement une pression incroyable, celle que les partisans montréalais font peser sur leurs joueurs. Mais quand on jette un œil sur sa carrière, on voit bien que c’est un grand athlète, fier, qui a un potentiel explosif. Et il y a tous ces jeunes bouillants, travaillants, qui sont en train de jeter les bases d’une grande équipe qui donnera du fil à retordre à ses adversaires pendant longtemps. J’aime aussi beaucoup l’entraîneur. J’admire son calme, sa présence d’esprit de tous les instants. J’ai même été ému l’autre jour, après une victoire du Canadien, de le voir taper affecteusement sur l’épaule de chaque joueur de l’équipe… Manifestement, c’est un inspirateur.