ÉLECTIONS - PAPINEAU

Le transport collectif gratuit, une «nécessité» dans Papineau, dit le NPD

Le transport collectif gratuit, une «nécessité» dans Papineau, dit le NPD
Photo: Tirée de TwitterLe chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, ainsi que Christine Paré, lors de la nomination officielle de la candidate à la fin août.

Dans Papineau, le château fort libéral de Justin Trudeau, la candidate du NPD Christine Paré entend axer sa campagne sur des propositions luttant contre l’inégalité sociale, «pour les personnes les plus vulnérables». Au menu: gratuité du transport en commun, construction de logements sociaux, taxation des plus riches et réduction des gaz à effet de serre (GES).

«Il y a beaucoup de pauvreté dans Parc-Extension, se désole-t-elle en entrevue à Métro. À cause de la hausse des loyers et de la gentrification, des résidents de longue date sont en train de perdre de leur logement. Le quartier se transforme, et ça prend des mesures fortes pour contrecarrer cela.»

À l’image de son parti au niveau national, Christine Paré milite activement pour que le fédéral subventionne davantage le transport collectif afin que celui-ci devienne 100% gratuit, à Montréal notamment.

«Il y a trop de gens qui n’ont aucune mobilité, qui n’arrivent même pas à aller au centre-ville, parce qu’ils n’ont pas les moyens. Universaliser le transport peut les aider aussi à s’intégrer, à socialiser.» -Christine Paré, candidate du NPD dans Papineau

Actuellement coordonatrice de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM) à l’Université de Montréal, Mme Paré estime que la Société de transport de Montréal (STM) pourrait créer des mesures tarifaires compétitives si la Ville reçoit un «appui fort» d’Ottawa.

Effets collatéraux en environnement

Rendre plus accessible le transport en commun aurait plusieurs impacts, dit la candidate, dont l’intensification de la lutte contre les changements climatiques.

«Si l’accès aux bus et au métro était gratuit, je suis certaine que plusieurs automobilistes délaisseraient leurs voitures. C’est une mesure audacieuse pour lutter contre la crise climatique, en réduisant les émissions de CO2. Il faut se rendre compte que ce sont les plus pauvres qui paient le prix en environnement», insiste-t-elle.

Celle qui réside dans Papineau depuis 17 ans propose également la construction de logements sociaux «avec des vraies solutions énergétiques».

«Dans le comté, les maisons sont souvent mal isolées, ce qui fait gonfler les prix. Faire correspondre les logements abordables aux normes de développement durable aiderait aussi les gens à s’en sortir», analyse-t-elle.

Pour dégager les fonds nécessaires, Christine Paré suggère de «taxer davantage les plus riches de notre société».

Trudeau, le candidat invisible dans Papineau

Si plusieurs observateurs considèrent presque impossible la défaite de Justin Trudeau dans Papineau le 21 octobre, la néo-démocrate n’est pas de cet avis.

«J’ai beaucoup d’espoir parce que je vis dans le quartier depuis longtemps. Je vis, je suis et je parle vraiment avec les gens. Je ne viens pas d’ailleurs pour leur dire que j’ai besoin de leurs voix», illustre-t-elle.

D’après Mme Paré, les résidents de Papineau «se rendent bien compte que Justin Trudeau est peu préoccupé par leurs réalités».

«Les gens ici ne le voient pas. On l’aperçoit seulement quand il y a des parades, des défilés, des grandes fêtes. Sinon, au quotidien, il n’est pas là. Ses promesses brisées ont aussi énormément déçu ses électeurs.» -Christine Paré, en parlant de Justin Trudeau