Ne criez pas à la trahison!
Dans la majorité des cas, votre patron n’a pas voix au chapitre quand arrive le temps des coupures. Il est tout aussi victime que vous.
C’est le lot de nombre de personnes actuellement. Que ce soit dans l’aéronautique, au gouvernement fédéral ou dans le secteur des communications, les mauvaises nouvelles se succèdent, et vous faites peut-être partie des personnes qui seront mises à pied ou de celles qui devront dorénavant se taper la charge de travail de collègues remerciés.
Il peut être tentant, quand une telle chose survient, de regarder son supérieur immédiat avec colère, en se disant que c’est un traître, qu’il était au courant depuis un bon bout de temps et qu’il s’est forcément tu. Il se peut même que vous pensiez qu’il vous a volontairement laissé dans l’ignorance.
Or, dans la majeure partie des cas, il n’en est rien. Dans les organisations, aussi structurées soient-elles, le changement est souvent improvisé. Les dirigeants jouent au pif, sans avoir établi au préalable un plan de match bien ficelé. C’est ce qui se passe actuellement dans nombre d’organismes fédéraux. Une commande politique a été passée, et les responsables doivent composer avec elle à mesure que les décisions se précisent. Et ils ne la trouvent pas drôle.
Plusieurs patrons, en fait, craignent de devoir annoncer de mauvaises nouvelles. Ils en font de l’insomnie et redoutent de ne pas être en mesure d’atteindre leurs objectifs avec des effectifs réduits et démoralisés. Pour eux, ces annonces constituent un cauchemar dont ils se passeraient volontiers. Ils craignent à la fois d’annoncer les nouvelles et de devoir composer avec les cas d’épuisement professionnel qui surviendront à terme parmi les employés qui conservent leur poste.
Imaginez donc l’impact personnel pour eux si, en outre, ils sont ensuite considérés comme des traîtres par leurs employés et qu’on les ostracise.
Alors, avant de crier à la trahison, communiquez. Demandez à votre patron comment il prend la chose, comment on la lui a apprise et comment il voit venir les événements à partir de maintenant. Il lui incombe aussi d’écouter ce que vous avez à dire, de vous laisser ventiler.
Surtout, ne vous emportez pas en l’abreuvant d’injures. Cela vous ferait peut-être du bien sur le coup, mais c’est probablement une mauvaise décision. Votre patron actuel fera peut-être partie de la prochaine vague de licenciements, et il pourrait fort bien redevenir votre patron plus tard, dans une autre organisation.
Au lieu de vous braquer, cultivez votre résilience, établissez un plan de match et rappelez-vous toutes les catastrophes que vous avez vécues à ce jour et qui se sont finalement révélées être des bénédictions au bout d’un certain temps. Quand une porte se ferme quelque part, une autre s’ouvre ailleurs. Trouvez-la et tirez le meilleur parti de la crise actuelle.