Soutenez

Dépenser son argent intelligemment

C’est la rentrée. Vous avez finalement obtenu le prêt étudiant que vous aviez demandé. Cependant, il faut jouer de prudence avec ces sommes «généreusement» attribuées.

Les experts s’entendent sur un point : cet argent, vous l’avez emprunté. Il ne vous appartient pas et, si vous devez le dépenser, faites-le avec sagesse. D’après le conseiller financier Robert Abboud, la plupart du temps, les étudiants postsecondaires ne gaspillent pas leur argent. Toutefois, une bonne planification et du travail peuvent permettre de gagner haut la main la bataille de l’endettement une fois le diplôme obtenu.

«Habituellement, les étudiants ne sont pas frivoles, estime-t-il. Ils savent que l’argent destiné à payer les cours ne doit pas être dépensé pour autre chose, et que s’ils en manquent, ils en manquent.»

Déterminer ses besoins

Le conseiller recommande de déterminer ses besoins sur une base annuelle : «Il faut établir un budget pour les cours et les livres d’abord, ensuite les autres dépenses. Puis, il faut déterminer combien de temps le prêt durera. Ne dépensez jamais plus que ce que vous avez budgété et ne le dépensez pas pour des babioles.»

Un rapport de la fondation des bourses du millénaire indique que l’étudiant canadien moyen est endetté de plus de 24 000 $ en 2006. Un autre rapport publié en juin par l’Office of the Superintendent of Financial Institutions (OSFI) prévoit que les droits de scolarité tripleront au cours des 25 prochaines années.

Les taux d’intérêt rendent chaque année les prêts de plus en plus difficiles à rembourser, alors que les prêteurs accumulent les profits à un taux exponentiel.

Par exemple, avec le Canada Student Loan program, Ottawa prévoit récolter 549,5 M$ en revenus d’intérêt en 2009-10 et a amassé 483 M$ et 315 M$ en 2007-08 et 2005-06 respectivement, selon Julian Benedict, de la Coalition for Student Loan Fairness, un groupe de Colombie-Britannique militant pour des changements dans les politiques de prêts étudiants.

Grâce à la loi d’accès à l’information, M. Benedict a découvert que le gouvernement canadien a emprunté de l’argent destiné aux prêts étudiants à un taux de 4,5 % à la Banque du Canada pour le prêter à un taux presque deux fois plus élevé.

D’après lui, le programme fédéral sert seulement à remplir les coffres de l’État et endette des étudiants pour des années. «Le gouvernement est devenu dépendant de cet argent obtenu grâce aux taux d’intérêt élevés pour subventionner un système inefficace, affirme M. Benedict. Ce n’est pas un programme social; cela fait plutôt la promotion des écarts dans la société.»

«Il est impossible de rembourser son prêt aussi rapidement que, par exemple, un médecin ou un avocat, continue Julian Benedict. Les emprunteurs à faible revenu s’enfoncent dans les dettes et, chaque fois qu’ils sont limités par les dettes, ils ne peuvent participer à l’économie.»

À moins de disposer d’un REEE (Régime enregistré d’épargne études), il y a fort à parier que vous aurez à emprunter pour vos études. Vous pouvez, toutefois, minimiser l’impact de votre dette, par exemple en obtenant une bourse ou encore en ayant l’aide de vos parents s’ils en ont les moyens. Enfin, un emploi à temps partiel pourrait vous permettre de rembourser plus rapidement le prêt et donc de payer moins d’intérêts.

«Vous voulez quelque chose? Levez-vous et travaillez! s’exclame M. Abboud. Il est toujours bénéfique d’avoir des expériences de travail, et ce que vous empruntez vous alourdira vraiment pendant plusieurs années si vous ne faites rien maintenant pour alléger votre dette.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.