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Oenologie : Se former dans les vignes françaises

Champagne ou bordeaux : un bon verre de vin dégusté en France fait rêver plus d’un sommelier… et plus d’un étudiant. Entre Oenologie et techniques de vente, deux écoles françaises bien implantées dans les régions aux vignobles célèbres proposent des formations privées et publiques axées sur les grands crus.

À Avize, en Champagne

Bien connaître le vin pour mieux le vendre : c’est l’objectif des formations dispensées à l’EPL, l’Enseigne­ment public viticole de Cham­pa­gne, regroupant un lycée viticole, un Centre de formation à l’apprentissage et un Cen­tre de formation professionnelle pour adul­tes. On peut y obtenir un brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) ou une licence professionnelle.

Que ce soit après le diplôme d’études collégiales ou le baccalauréat québécois, les étudiants disposent d’une ou deux années pour comprendre et maîtriser les techniques de fabrication, de commercialisation et d’exportation des vins ainsi que les enjeux environnementaux concernant les entreprises viticoles. La sélection se fait sur dossiers.

«Les diplômes délivrés sont reconnus nationalement et les taux de réussite s’établissent autour de 75 à 90 % selon les promotions, qui comptent en moyenne 30 étudiants», affirme Jean-Louis Brifflot, directeur adjoint du lycée viticole.

Il tient à souligner la notoriété et le dynamisme de la filière champenoise. «Notre souhait est d’accueillir plus de candidats étrangers, puisque nous avons la chance d’offrir des formations qui assurent une insertion professionnelle aisée dans la filière vitivinicole champenoise. L’accueil de Québécois serait une très bonne occasion technique, professionnelle et culturelle de partage et d’échange.»

Un ou plusieurs stages obligatoires permettent à l’étudiant de se plonger au coeur du processus de fabrication des vins. «Notre établissement travaille au quotidien avec la coopérative des anciens élèves Champagne Sanger, ce qui nous permet de disposer d’un outil de pressurage, de vinification et de commercialisation conforme à la réalité et aux pratiques professionnelles. Nous commercialisons chaque année de 120 000 à 130 000 bouteilles.»

Au sein de chaque promotion (Viticulture-Oenologie, Agro-ressources et Environ-nement spécialisation Viti­culture, Technico-Commer­cial option Boissons, vins et spiritueux), la quinzaine de candidats retenus possède le statut d’étudiants.

À l’issue de leur formation, ceux-ci pourront travailler comme régisseurs des domaines, maîtres de chais, techniciens commerciaux dans le négoce des vins, ou bien faire du conseil, de l’animation ou de l’expertise dans les organismes professionnels publics ou privés, ou encore reprendre une exploitation. Selon les cas, une spécialisation reste possible.

À Dijon, en Bourgogne

Également tourné vers l’international, le Master (maîtrise) spécialisé en commerce international des vins et des spiritueux (à plein temps ou à temps partiel, au choix) du groupe ESC Dijon Bour­go­gne se destine à «la formation des cadres à double compétence, investis d’une culture vin et terroir», comme le souligne sa directrice, Joëlle Brouard. «Dans le contexte actuel, la passion ne suffit pas, il faut aussi savoir mettre en marché des produits à valeur ajoutée, maîtriser les règles du commerce international», analyse-t-elle.

En conséquence, le recrutement, sur dossier et par concours, fait la part belle aux diplômes équivalents au Bac + 5 français (l’équivalent d’une maîtrise ici). «Une tolérance limitée à 30 % de l’effectif du master permet d’accueillir les candidats ne possédant pas le niveau Bac + 5, mais révélant une très forte motivation et un projet professionnel sérieux.»

L’accent est également mis sur une promotion «pluriculturelle», qui espère attirer environ un tiers d’étudiants de nationalité étrangère. «Nous privilégions les candidats possédant une bonne culture générale, une ouverture d’esprit, une motivation forte, une passion pour le vin et une capacité à mener une carrière internationale», affirme la directrice.

Au programme : viticulture, analyse sensorielle et dégustation… mais aussi différents types de marketing, du droit, de la gestion commerciale, de l’analyse financière.

La scolarité, qui dure un an, intègre un stage obligatoire et des voyages d’études, organisés en partenariat avec des caves et des sociétés françaises et internationales.

À l’issue du master, les étudiants pourront espérer des postes aussi divers que responsable export, directeur de maison, responsable de secteur, attaché commercial, cadre, chargé de communication, assistant événementiel et relationniste.

Une Québécoise à Dijon

Montréalaise et adepte des bons crus, Martine Leblanc s’est installée depuis trois ans en France, où elle a entamé une maîtrise à temps partiel à l’École supérieure de commerce (ESC) de Dijon, pour «changer de cap».

Après un baccalauréat en communication à l’Université de Montréal, un MBA à l’Université de Sherbrooke et quelques années passées dans le domaine des hautes technologies et de l’aviation, elle souhaite désormais «aider les vignobles français à s’exporter sur le marché international». Ses deux journées de cours par mois, étalées sur 18 mois, lui permettent, en parallèle, de «vaquer à ses occupations professionnelles».

«Je suis arrivée en France un peu par obligation, pour suivre mon conjoint. Comme j’étais une passionnée de vins, c’était difficile pour moi de passer à côté de cette formation. La France est un pays mythique dans ce domaine! En outre, il est plus facile de se former là-bas que dans un autre pays, puisque je parle français. Il m’est donc plus facile de comprendre la technicité de certains termes.»

Au bout de six mois, elle a effectué un stage dans un vignoble du Languedoc qui produisait ses propres vins, soit près de 14 millions de bouteilles! «Pour un Québécois, il existe de super possibilités de travail en France! Il faut juste vouloir… Quand on arrive en France, on est tout de suite considéré com­me «le cousin», les gens nous adorent! Dès qu’ils nous reconnaissent en ville ou au marché, ils nous font la conversation. Ils veulent savoir comment on est, ce que l’on fait…»

Une chance, estime-t-elle, si l’on considère les différences entre le marché français et québécois.

«Sur le marché des vins, le Québec est un pays qui ne produit pas. Il a un mode de consommation plus nord américain, il n’est pas né avec une bouteille de vin sur la table… Alors qu’en France, le vin, c’est ancré dans les gènes, un peu comme le sirop d’érable chez nous…» Une raison pour Martine de relever le défi. En récompense : du fun, et un maximum d’échanges culturels!

www.masterofwines.eu
www.les-enfants-de-la-viti.com
www.sanger.fr

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