Profession infirmière: Pour éviter la débâcle
La profession infirmière est une carrière très prometteuse, mais, pour la rendre attrayante, des changements s’imposent. Aux dernières estimations, il manquait pas moins de 1500 infirmières au Québec.
Cette pénurie, qui dure depuis des années, est responsable de bien des maux de notre système de santé. Chirurgies annulées, fermetures de lits, longues listes d’attente… ces problèmes sont souvent le résultat direct du manque d’infirmières.
C’est aussi pourquoi l’Hôpital de Montréal pour enfants a dû fermer presque la moitié de ses lits de soins postopératoires. De plus, 20 % des infirmières québécoises sont âgées de 55 ans ou plus. Elles se préparent donc à la retraite. Rien pour réduire la pénurie, surtout que les rangs des infirmières grossissent au compte-gouttes. L’année dernière, le nombre d’infirmières au Québec n’a augmenté que de 0,6 %. Un taux de croissance anémique!
Pourquoi la croissance est-elle si faible? Ce n’est pas que nos infirmières sont mal rémunérées. Le salaire moyen d’une infirmière est de 43 000 $ par année, plus que la moyenne de rémunération au Québec. Une infirmière-chef d’expérience peut même gagner plus de 70 000 $.
Est-ce la formation qui manque? Quarante-deux cégeps offrent le DEC en techniques infirmières, et neuf universités, le baccalauréat en sciences infirmières. C’est une des formations les plus offertes au Québec.
Charge de travail insupportable
C’est plutôt la durée de la pénurie qui pose problème. Le métier d’infirmière a toujours été exigeant, mais une pénurie prolongée augmente la charge de travail jusqu’à la rendre insupportable. Les longues heures et l’intensité de la tâche minent maintenant depuis des années le moral des infirmières. Leurs nombreuses doléances, si justifiées qu’elles soient, découragent les jeunes qui s’intéressent à la profession.
Un cercle vicieux s’installe alors. Plus les infirmières récriminent, plus les jeunes évitent la profession, malgré l’excellente occasion de carrière qu’elle représente. Au lieu de l’attirer, la pénurie rebute la relève. On entend dans les bureaux des conseillers d’orientation : «Ah, non! Pas infirmière, c’est trop dur!»
Que faire pour éviter la débâcle? Une embauche importante d’infirmières auxiliaires et de préposés aux bénéficiaires permettrait de réduire le fardeau des infirmières, qui leur délégueraient certaines tâches. De même, l’Ordre professionnel des infirmières et des infirmiers du Québec cherche à faciliter l’accès à la profession aux immigrants. Il faudra peut-être imiter la Suisse d’une certaine époque et se mettre à recruter à l’étranger de façon massive…
Entre-temps, tous ceux qui désirent que leur travail améliore la santé et la vie des autres feront bien d’explorer cette profession indispensable à notre système de santé.
Pour une liste complète des établissements qui offrent la formation :
unecarrierepourlavie.com