Savoir affronter le saule pleureur
Cathy n’en pouvait plus. Depuis maintenant 15 minutes, Nikki, une collègue, lui parlait de son conjoint. Ce dernier ne faisait pas sa part des tâches ménagères. Il était dépensier. Il buvait trop, et il y a belle lurette qu’il n’avait pas eu de geste de tendresse à son égard. Ce discours, elle l’avait déjà entendu à plusieurs reprises. Nikki le lui répétait presque toutes les semaines.
Cathy aurait pu lui dire qu’elle avait du travail à faire et qu’elle savait déjà tout cela. Mais de peur de nuire à leur relation, elle se contentait de continuer à travailler en écoutant d’une oreille distraite et en émettant des «Ah-han» de temps à autre. Pendant ce temps, elle savait qu’elle prenait du retard et que son niveau d’énergie baissait à vitesse grand V.
Vous reconnaissez-vous? Avez-vous un tel vampire énergivore dans votre organisation? Se plaît-il à venir se plaindre dès qu’il en a la possibilité? Quel impact cela a-t-il sur votre producteur et votre enthousiasme? Ça vous vide, n’est-ce pas?
Opposer son refus
Tant que vous ne lui ferez pas face, le saule pleureur reviendra vous vider. Pourquoi? Parce qu’il y trouve un bénéfice. Même en l’écoutant passivement en émettant de temps à autre des onomatopées, vous lui confirmez qu’il fait pitié, que c’est une victime et qu’il a raison de se plaindre. Vous l’encouragez à revenir vous hanter et pomper votre énergie!
Que faire face à un saule pleureur? Refusez simplement de le voir comme une victime. Dites-lui qu’il a le pouvoir de remédier à sa «terrible» situation. Cathy pourrait par exemple poser une question à sa collègue : «C’est vrai que ta situation n’a pas l’air facile, Nikki. Que pourrais-tu faire pour y remédier?»
Savez-vous ce qui se passera alors? Nikki coupera court à son laïus et retournera à son travail (ou ira embêter quelqu’un d’autre). Les saules pleureurs n’aiment pas qu’on leur dise qu’ils pourraient améliorer leur situation s’ils s’en donnaient la peine. Ils veulent qu’on leur confirme qu’ils sont victimes de leur sort.
Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas faire preuve de compassion quand un collègue vit un moment difficile. Cela veut simplement dire que vous n’avez pas à supporter quelqu’un qui ne souhaite pas se prendre en main ou qui se complaît dans la victimisation.
Ce faisant, vous lui rendez service. Ne pensez-vous pas que Nikki aurait tout avantage à avoir une discussion franche avec son copain au lieu de se plaindre au travail? Il en va probablement de même avec vos propres saules pleureurs.
Alain Samson est l’auteur du livre Sois positif ou bedon reste chez vous. www.alainsamson.net